dimanche 30 mars 2008
Pilot : Le destin de Bruno
Après le Destin de Lisa, voici le Destin de Bruno. Pour être honnête, il ne s’agit pas vraiment d’une suite ou d’une spin off. Il s’agit toujours de la même série " Verliebt in Berlin ". Seule différence, le personnage de Lisa est parti et comme TF1 a eu la bonne idée d’appeler la série comme elle, il a bien fallu changer de titre.
Si ce n’est pas un pilot, alors pourquoi cet article ? Après le succès du Destin de Lisa en France et en Belgique, j’avais envie de me pencher sur ce phénomène plus audimétrique que qualitatif. Ce premier épisode nous introduit donc Bruno, un garçon un peu gauche et naïf arrivant apparemment à Berlin pour retrouver son père qu’il n’a jamais connu. Comble du hasard, il s’agit du père de Lisa qui ignore l’existence de son fils mais qui est par contre inconsolable depuis le départ de sa fille chérie, Lisa. Il n’est d’ailleurs pas le seul, toutes les cinq minutes un personnage évoque la dite Lisa en souvenir du bon vieux temps. Pourtant, Lisa n’est pas morte, elle n’a pas été kidnappée, elle est seulement en voyage de noces et heureuse depuis qu’elle a épousé David l’amour de sa vie. D’ailleurs sur les photos, notre Lisa n’a rien de Ugly, on la voit cheveu au vent en bikini accompagnée d’un beau mec torse nu. Bref la vie est belle depuis qu’elle est devenue jolie. Durant tout l’épisode les différents protagonistes pleurent donc Lisa et se demandent s’il s’agit une noix de coco dans le slip de David. Une blague lourde à laquelle on ne comprend finalement pas grand chose car on ne nous montre pas de quoi on parle. Pendant ce temps là, Bruno se parle à lui même en voix off car il doit annoncer à son père qu’il est son fils. La filiation est pourtant évidente, le père et fils sont tous les deux trapus et cheveux gras. En particulier le père qui ressemble à un vieux gitan babacool bedonnant qui aurait mal vieilli.
Autre arrivée, celle de Nora, une jeune styliste très mignonne dont on devine immédiatement qu’elle est là pour être le love interest de Bruno. Même si on commence par une traditionnelle relation chien et chat entre eux, on sait qu’ils finiront ensemble. Autant nous mettre une grande pancarte clignotante, ça n’aurait pas été plus voyant tellement c’est cousu de fils blancs.
Niveau ambiance, je me demande pourquoi on associe souvent Ugly Betty au Destin de Lisa et Bruno car c’est le jour et la nuit. La série allemande est plate, sans relief. L’humour est assez peu présent ou alors très lourd et téléphoné. Seul le renvoi de l’étudiant au look très seventies est un peu drôle mais on s’y attendait. Et même si la série est en couleur, elle laisse une impression de grisâtre. Là où Ugly Betty est une série très colorée, très stylisée dans ses décors et dans son montage. Oui mais c’est une série allemande, elle n’a pas les mêmes moyens que les Américains et c’est vrai. Mais Derrick a son propre style. Très lent, très verdâtre certes, mais on reconnaît la série au premier coup d’œil.
Au final, pour la première fois de ma vie, je remercie la publicité. Cette pause du milieu était le seul moment fraîcheur de l’émission. C’est dire où se situe le niveau. Mais à dire vrai, je ne dirai pas que le Destin de Bruno est une mauvaise série. Elle est juste insignifiante, banale, sans intérêt. Et c’est cela le pire, car si je déteste One tree hill ou Charmed, ça m’amuse toujours de critiquer ces séries en les démontant. Avec Bruno, je n’en ai même pas l’envie. ça me laisse totalement indifférent. Ce qui me laisse de plus en plus sceptique face au succès remporté par sa grande sœur Lisa. Cet article est donc pour les téléspectateurs et leur dire de se réveiller et de ne pas se laisser endormir par cette série médiocre. La télé a tellement mieux à offrir. On peut d’ailleurs se demander si comme les personnages, les téléspectateurs ne vont pas regretter le départ de Lisa la moche devenue belle grâce à l’amour dans une morale déréalisante.
mardi 18 mars 2008
Pilot : The return of Jezebel James
J’attendais doublement The return of Jezebel James. De 1) car la sitcom est la première production de la formidable Amy Sherman Palladino depuis son départ de Gilmore girls et 2) pour le participation de Lauren Ambrose dans son premier rôle récurrent à la télévision depuis Six feet under.
Mais que raconte la série exactement ? Sarah (Parker Posey), une éditrice de livres pour enfants dans la trentaine se décide enfin à fonder une famille mais découvre qu’elle est stérile. Elle demande alors à sa jeune sœur Coco (Lauren Ambrose) avec qui elle ne s’est jamais entendue de porter son enfant.
Le résultat est malheureusement plus que mitigé. C’est peu de le dire. Déjà, on peut se poser des questions sur le format de la série. Fallait il vraiment une sitcom avec rires en boite ? Les répliques sont pas mal, c’est du Sherman Palladino mais les rires rajoutés par dessus sont en trop et donc ça ne donne pas envie de rire. De plus si je n’ai jamais aimé Parker Posey, je me rappelle maintenant pourquoi. L’actrice en fait des tonnes et on essaye trop de pousser le personnage jusqu’à en faire une vraie caricature de Lorelai Gilmore. C’était forcément le risque pour la nouvelle série de la créatrice de Gilmore girls. On retrouve le même type de personnage, y compris physiquement mais le tout en beaucoup moins bien. Cela renforce encore plus le talent de Lauren Graham car sans elle le personnage de Lorelai n’aurait jamais été ce qu’il a été durant sept saisons. Là, on a au moins une certitude, le retour de Jezebel James ne dura pas sept saisons, si ça dure sept épisodes ce sera déjà beaucoup.
Les situations sont poussives, pas drôles quand il le faudrait, pas émouvantes quand il le faudrait et tout va un peu trop vite. Et puis les scènes sont beaucoup, beaucoup trop longues. La fin de soirée entre Sarah et le mec avec qui elle sort uniquement pour le sexe est d’une longueur incroyable et sans le moindre intérêt. On tourne sur le même gag du " non engagement " durant d’interminables minutes. Trop de longueur également pour la scène au Diner crade (Hello, Luke !) entre Sarah et Coco. On nage entre humour et scène plus sérieuse et le tout ne prend vraiment pas car on rajoute des gags poussifs comme avec le serveur ou les filles faisant le tour du resto en changeant constamment de table. Bref, ce " return of " est tout ce qu’aurait pu être Gilmore girls si ça avait été une mauvaise série. Et Jezebel James dans tout cela ? C’est uniquement un vague prétexte, celle ci étant l’amie imaginaire de Coco quand elle était petite et reprise par Sarah pour l’un de ses livres. Une attention touchante et mielleuse qui fera touchera forcément Coco qui acceptera de porter l’enfant de sa sœur.
Une vraie grosse déception car tous les ingrédients étaient là pour nous offrir une jolie sitcom mais la sauce ne prend pas. Je comprend la Fox qui a longtemps hésité au moment opportun pour diffuser cette série. A oublier d’urgence ! De toute façon vu l’audience ça ne sera pas très difficile, le return of Jezebel James se transformera bientôt The goodbye of Jezebel James.
dimanche 16 mars 2008
Pilot : Canterbury's law
Au début du mois de septembre, je vous présentais la série judiciaire Shark avec James Woods en vedette. Avec Canterbury’s law, on a trouvé son équivalent féminin. C’est à peu de choses près le même point de départ. Une avocate féroce interprétée par une ancienne vedette sur le retour, ici Julianna Margulies d’Urgences, entourée de quelques jeunes avocats larbins invisibles. Le beau gosse proche de l’héroïne, le noir, la fille apparemment la dernière engagée encore idéaliste et empotée élue nouvelle secrétaire depuis qu’Elizabeth a viré la dernière en date. La première enquête est évidemment reliée d’une façon ou d’une autre de façon personnelle à notre héroïne. Celle ci ayant perdu son fils comme on l’apprend en fin d’épisode, le procès du jour concerne la disparition d’un enfant. Habillement, on choisit de mettre maître Canterbury dans le camp de l’accusé. Mais si on fait cela, c’est car ce dernier est innocent. Et pour Elizabeth, ça ne fait aucun doute, le père est le véritable coupable. Rien de bien original donc dans la structure de la série et de l’épisode. Tout est très classique et dès le début de l’affaire on sait à quelques variantes près comment cela va se terminer. Ethan est innocenté et Elizabeth arrive à confondre Scott Jaspers, le père maltraitant. Pour y arriver, elle est prête à tout, y compris faire mentir son client à la barre et cerise sur le gâteau, Jaspers sort de ses gonds et la frappe en plein tribunal.
Malgré tout j’ai bien aimé ce pilot car l’ambiance est assez noire, oppressante. Les couloirs du tribunal sont sombres et pas très sécurisants. Loin du très chic cabinet Crane, Poole et Schmidt de Boston Justice. Pour sa mise ne scène, la série rappelle un peu The practice et j’ai toujours rêvé de retrouver une telle perfection dans une série judiciaire. Ce ne sera peut être pas tout à fait le cas dans Canterbury’s law même si perçoit une certaine noirceur dans cette série et dans le rôle titre qui dès le départ ne se montre pas sous son meilleur profil. Elle trompe son mari, traite ses collaborateurs avec peu d’égard (mais de façon moins caricaturale que Sebastian Stark), par contre elle est avant tout dévouée pour son client et sait parfaitement faire la différence entre son travail et sa vie privée. Ainsi , si elle peut parfaitement comprendre dans sa chair ce que ressent la mère du petit disparu, ça ne l’empêche pas de remuer le couteau dans la plaie.
Les scènes davantage familiales avec son mari interprété par Aidan Quinn (The book of Daniel) sont sans le moindre intérêt, on aurait sans mieux fait d’en faire une femme divorcée meurtrie par la mort de son fils. Car c’est en effet le cas, Elizabeth est réellement meurtrie par la mort de son fils. La scène finale quand elle se glisse dans le lit de son fils est déchirante et si on n’était pas convaincu du côté réellement humain du personnage, après une telle scène on l’est. C’est à la fois simple et d’une tristesse poignante. Cela ne l’empêche pas de mettre une carapace pour aller au boulot et elle sait mettre des limites quand son ami Russel franchi la ligne rouge en essayant d’évoquer le parallèle entre l’affaire et la propre histoire personnelle de sa patronne. C’est d’ailleurs le seul autre personnage un peu plus creusé de l’épisode. Russel a bossé pour le procureur avant de démissionner et aller travailler pour Canterbury qui même si elle est dure est humaine, elle. Au passage, le noir de service est interprété par une vieille connaissance, Keith Robinson, Nathan dans American dreams.
Au final, le pilot donne une assez bonne image de ce que pourrait être la série. Une série d’avocat certes classique mais de bonne qualité si elle garde le cap tenu dans ce premier épisode. L’ambiance sombre peut nous laisser penser que si Canterbury était cette fois dans le camp de l’innocent, ça ne sera pas forcément toujours le cas. Le thème du procès assez lourd nous donne également une idée du type d’affaire qui sera traitée dans la série. Sans doute des sujets assez rudes, des enquêtes tordues à l’image de The practice ou encore Law & order. On serait alors nettement un ton au dessus de Shark. Mais pour cela, il faudra que l’audience soit au rendez vous ce qui n’a pas été le cas lundi dernier lors des débuts de la série sur Fox.
mardi 26 février 2008
Pilot : Dirt
Une semaine après le Doctor Who, je continue ma tournée des séries nouvellement arrivée en Belgique. Cette fois ci, ça se passe sur Plug tv et il s'agit de Dirt, la nouvelle série de Courteney Cox Arquette dans le rôle d’une éditrice de magazine à scandale. Froide, cynique, opportuniste, Lucy Spiller n’a certes rien de la gentille maniaque du rangement Monica Geller qu’elle interprétait dans Friends mais son personnage n’est par contre pas très éloigné de celui qu’elle campait dans la trilogie horrifique Scream dans laquelle elle interprétait déjà une journaliste prête à tout pour un scoop. Même si dans Dirt, on ne peut pas vraiment parler de journalisme. Il s’agit avant tout de ragots que l’on imprime sur des feuilles de choux. A l’image de Nip/ tuck, Dirt nous entraîne dans un monde particulier pour mieux en montrer les dérives et cela sans complaisance pour cette presse de caniveau. La première scène donne le ton et est pour moi la séquence la mieux réussie de ce pilot. Lors d’une soirée, le regard de Lucy passe d’une personnalité à une autre tout en imaginant ce qu’elle pourrait mettre en une de son magazine. L’un des invités la met en garde, quelqu’un aurait pu mettre du poison dans son verre en son absence. Pas de problème, Lucy n’a pas peur car même si on dit détester la presse people, elle sait que secrètement on aime cela. Le public achète c’est donc que cela lui plaît.
Le ton est donné et cet épisode ne recule sous aucun scandale. Et quand il n’y en a pas, Lucy s’arrange pour semer la zizanie. Par exemple, payer une prostituée afin de salir la réputation d’une star de basket qui a tout du mari idéal. Mais cela est seulement une histoire secondaire. L’intrigue principale s’intéresse à un couple de vedettes façon Brad et Angelina. Holt est à la recherche d’un second souffle dans sa carrière, Lucy est à la recherche d’un scoop. Mais évidemment tout à un prix et j’ai bien aimé l’effet boule de neige de cette intrigue. Lors d’une soirée Holt apprend que Kira, une actrice amie de sa femme, est enceinte. L’info une fois publique entraîne la jeune femme dans une spirale destructrice et elle finit par en mourir. Mais tout va bien dans le meilleur des mondes car l’info a été échangée contre un article élogieux dans l’autre magazine apparemment un peu plus respectable de Lucy. Et comme la presse parle de Holt, il est choisi pour un rôle dans un nouveau David Fincher et il passe pour un héros aux yeux des fans après avoir sauvé sa femme dans un accident qu’il a lui même provoqué après avoir appris la mort de Kira. L’intrigue joue habilement avec le désir d’être reconnu. Comme Lucy le dit, les acteurs d’Hollywood ne veulent pas jouer la comédie, ils veulent être célèbres c’est différent. Un adage que l’on pourrait adapter aux chanteurs de la star ac’ et autres émissions de télé réalité où les candidats sont près à tout pour quelques minutes sous les projecteurs. Ils ne veulent pas être chanteurs, ils veulent simplement être dans les magazines.
L’autre personnage fort de l’épisode mais également de la série, on le doit à Ian Hart, parfait et inquiétant dans le rôle d’un paparazzi schizophrène dont on partage les délires hallucinatoires mais aussi les peines quand il perd son chat bien aimé, mort d’un cancer. Un personnage haut en couleur qui s’il n’est pas vraiment sympathique, il est avant tout fascinant car totalement barré. La scène au drugstore est à ce titre une parfaite illustration de sa folie où il entend des voix lui hurlant d’embrasser les cheveux d’une femme.
Bref la série se veut cynique et sombre mais dès le premier épisode elle a tendance à en faire de trop ou pas assez c’est selon. Les répliques semblent trop écrites et sont là uniquement pour choquer comme quand Lucy part dans une tirade pour motiver ses troupes " je me fous que votre mère soit morte ou votre maison en feu, je veux ses photos ". Si au départ, Lucy semble être un personnage totalement glacial, on se rend vite compte qu’elle ne l’est pas complètement. Je me suis dit que si on la voyait craquer dès le premier épisode, ça serait une mauvaise idée et malheureusement cela arrive. On ne sait d’ailleurs pas vraiment pourquoi. Est elle attristée par l’état mental de son ami Don ou par les récents événements tragiques qu’elle a elle même entraîné ? Il n’empêche, c’était un peu trop facile pour ouvrir une brèche et rendre le personnage un peu plus sympathique.
Au final, cet épisode pilot ne donne pas envie de revenir vers la série. Les personnages ne sont pas attachants, pas spécialement charismatiques ni intéressant et à l’inverse d’Entourage, la série parle des célébrités mais en montre finalement très peu. La série aurait gagné à mettre en scène des vrais acteurs dans leur propre rôle. Tandis que là, on a droit à de fausses célébrités et tout cela a un goût artificiel. On insiste trop pour rendre les personnages amoraux et les situations assez abjectes. Le seul à vraiment obtenir ma sympathie c’est finalement Holt qui semble être un brave gars essayant de s’en sortir même s’il dérape. On le sent réellement affecté par la mort de Kira et il se sent responsable de toute cette histoire. C’est bien le seul à montrer un tant soit peu des sentiments humains et sans doute cela le problème de cet épisode pilot, il n’a rien d’humain alors qu’on ne se trouve pas dans un space opera. Cela dit, on sent dans la série un vrai potentiel. Si les personnages sont dessinés d’un trait grossier, on sent que ceux ci pourront s’affiner avec le temps, tout comme les histoires qui pour le moment sont assez caricaturales. On le sait, assez peu de série arrive à complètement s’imposer dès le pilot et c’est également le cas pour Dirt où il faudra sans doute encore quelques épisodes pour qu’elle prenne sa vitesse de croisière. Donc je ne vais pas l’enterrer tout de suite et donner le bénéfice du doute à cette série tout en ayant pas forcément de grosses attentes. Mais comme le dit les paroles du générique, il faudra creuser plus profond si la série veut pouvoir rester dans les mémoires.
Bonus vidéos, bande annonce + générique de Dirt :
lundi 18 février 2008
Pilot : Doctor Who
Le doctor Who est enfin arrivé sur la RTBF. Cela faisait longtemps qu’on l’attendait. Pourtant j’écrirai seulement l’article sur cet épisode pilot, Speedu faisant de très bonnes reviews de cette série. Et je ne voudrai pas que nos deux blogs se ressemblent trop. Chacun assume ses différences.
De toute façon cet épisode n’est pas exactement un pilot car cette nouvelle mouture du Doctor Who façon an 2000 est en fait la suite d’une saga commencée dans les années 60. Pas un remake. Non, non, une vraie suite.
Mais qu’est donc que le doctor Who ? Une série de science fiction de la BBC dans laquelle un extraterrestre à l’apparence humaine voyage dans le temps et l’espace grâce à son vaisseau spatial le Tardis ayant la forme d’une ancienne cabine téléphonique. Dans cette première saison, le docteur est interprété par Christopher Eccleston (Claude l’homme invisible dans Heroes) et remplacé par David Tennant à partir de la saison 2. En effet, le docteur peut changer d’apparence lorsqu’il est sur le point de mourir et ainsi reprendre vie. Astucieux, non ?
Ce premier épisode se passe à Londres. Difficile en effet de louper cela car celui ci se transforme parfois en véritable publicité touristique pour la capitale anglaise. Piccadily, Trafalgar square, les célèbres bus rouges à deux étages en gros ou arrière plan, le docteur et Rose courant sur le pont de Westminster (si j’ai bien vu) et l’inévitable grande roue de Londres, le London eye utilisée comme antenne de transmission par notre méchant du jour.
Je me suis laissé plonger dans l’univers de cette série culte et j’ai d’avantage été intéressé par le doctor Who lui même qui est un personnage vraiment amusant dont l’identité reste très mystérieuse et cela semble également beaucoup intriguer Rose. " Je suis le docteur " dit il " Le docteur quoi ? " demande Rose " Juste le docteur " répond il. D’où vraisemblablement le titre de la série " Doctor who " (docteur qui ). J’ai été très amusé par ce mec trouvé sur Internet s’intéressant au docteur. C’était une bonne idée pour nous donner quelques informations et répondre à certaines de mes questions. Preuve une nouvelle fois de l’importance prise par Internet dan notre société. On voit quelque chose d’étrange, et hop, on file tout de suite sur Google taper quelques mots clés. Par contre l’histoire de la matière plastique vivante était résolument kitsh et second degré avec les mannequins en plastique prenant vie et attaquant la population dans le but d’envahir la Terre. C’est amusant au début et j’ai beaucoup aimé la partie avec le petit ami en plastique. La fin, elle, oscille entre le ridicule et le délire total. Heureusement, on ne se prend pas une seconde au sérieux comme avec les mannequins en robe de mariée prenant vie. Bref, la série est à prendre comme un divertissement et il ne faut pas se prendre la tête en regardant la série. C’est du fun pur et dur et ça marche plutôt bien quand on se prend au jeu.
La fin est elle un peu trop téléphonée. C’est trop facile de voir Rose se jeter dans l’aventure en accompagnant le docteur. On force un peu trop dans cette scène et ça n’a rien d’inattendu. Maintenant, il fallait bien présenter notre duo d’une manière ou d’une autre et il n’y a pas à dire celui ci fonctionne assez bien. De plus, le Tardis voyageant aussi dans le temps, Rose pourra toujours revenir voir sa mère et son copain entre deux aventures passionnante en compagnie du docteur.
Au final, on a à faire à un bon divertissement. A la fois amusant, pas prise de tête mais pas non plus débile. La pointe so british de la série fait également mouche avec l’attitude et les répliques du docteur très savoureuses. Certes, les effets spéciaux font un peu sourire à l’image de la poubelle mangeuse d’hommes mais cela est remplacé à une inventivité rafraîchissante et le ton absurde et assumé avec un flegme tout britannique. On retrouve avec ce doctor Who le ton décalé de " chapeau melon et bottes de cuir " période Emma Peel où là aussi les histoires délirantes étaient au programme. En plus, comme j’aime beaucoup la ville de Londres c’était sympa de revoir la ville dans la série. L’essai est donc concluant en ce qui me concerne, reste à voir si la série pourra assurer sur le long terme mais je n’ai pas vraiment de doute là dessus. Partons donc chaque semaine à l’aventure avec le doctor Who sur la Deux. Du moins quand le sport ne viendra pas perturber sa diffusion et là, le ciel se fait déjà un peu plus sombre entre le tour de France et les jeux olympiques de cet été.
mercredi 30 janvier 2008
Pilot : Eli Stone
Greg Berlanti a les mains pleines cette année entre Brothers and sisters et Dirty sexy money. Mais son vrai bébé du moment c’est bel et bien Eli Stone. Et il vaudrait mieux aimer cette série car après tout ce sera l’une des rares nouveautés de la mid season sur ABC en cette période de grève. Je ne vais vous le cacher, j’ai beaucoup aimé Eli Stone et cela pour différentes raisons. Mais tout d’abord voyons de quoi parle la série.
Eli est un avocat comme les autres, costume, sombre, gros cabinet, belle fiancée blonde fille du patron rien de moins. Mais depuis peu Eli a des visions, des visions sonores. Il entend de la musique et en particulier George Michael qui apparaît carrément dans son salon alors qu’il fait l’amour à sa fiancée. Guidé par ses visions à la fois sonores mis aussi visuelles. Eli prend conscience qu’il pourrait être un nouveau prophète comme Moïse. C’est du moins ce que lui dit son acuponcteur. A moins que tout cela ne soit en fait dû à un anévrisme inopérable et hérité de son père décédé. Peu importe, Eli a décidé de vivre avec même s’il n’a pas le choix et d’accepter sa condition car comme le dit George Michael dans sa chanson, il faut avoir la foi (Faith en anglais).
Bref des séries d’avocats ça ne manque pas, des séries d’avocats toqués non plus. On a eu notre dose avec Ally McBeal et encore aujourd’hui avec Boston Legal même si j’ai laissé tomber cette série. Pourtant ce premier épisode de Eli Stone a vraiment bien fonctionné chez moi. Je trouve le personnage principal sympathique, un bon acteur qui évite le côté super beau gosse et puis l’idée de lui faire entendre de la musique c’est une super idée. Il y a toujours beaucoup de musiques dans les séries, parfois un peu trop. Mais seul le téléspectateur entend celle ci. Hors dans Eli Stone le fait que le héros entend aussi cette musique apporte une dimension un peu spéciale et originale et j’ai beaucoup aimé cette ambiance musicale et même si George Michael n’est pas ma tasse de thé.
La première affaire dont traite la série est assez classique mais elle fonctionne assez bien. Eli s’occupe d’une jeune femme dont le garçon est devenu autiste suite à un vaccin et elle attaque donc la firme pharmaceutique. Mais cette femme n’est pas n’importe quelle fille et non, elle est LA fille, celle de la première fois d’Eli et non le garçon n’est pas de lui, fort heureusement. J’ai bien aimé cette coïncidence amusante car tout est en fait lié. " Faith " étant la chanson des premiers ébats amoureux de notre héros. Les scènes de procès fonctionnent bien sans pour autant avoir la force d’un The practice ou de New York district, je le conçoit. Mais Eli ne manque pas d’argument notamment quand le big boss de la firme avoue qu’il n’a pas fait vacciner sa fille avec son propre vaccin mais avec un autre. Cela paraît suspect et Eli remporte le procès même s’il a dû pour cela se battre contre son propre cabinet assurant la défense de l’autre partie. Certes l’affaire et les scènes de tribunal peuvent paraître convenue mais est on vraiment dans une série procédurière ? J’en doute un peu. Cela est plus un simple cadre de l’action comme dans la série " Ed " ou même comme dans Grey’s anatomy où l’hôpital est seulement un décor pour les intrigues des personnages.
Sans être forcément super original, la série dégage quelque chose de sympathique, de frais et d’amusant. Et c’est toujours chouette de découvrir une nouvelle série avec laquelle on a un bon feeling. Et là c’est passé vraiment tout de suite entre Eli et moi.Et puis je ne vais pas le nier, j’ai été ravi mais alors là extrêmement ravi de revoir Tom Amandes dans cette série. Certes il a un petit rôle mais il a malgré tout quelques bonnes répliques et son personnage ne demande qu’à être étoffé par la suite et j’espère que ça le sera. Mais je crains la disparition de son rôle après le pilot, vu que Tom amandes n’apparaît pas dans les photos promos de la série. Dommage, il était formidable dans Everwood dans le rôle du très snob mais très humain Harrold Abbott et je suis certain qu’il serait tout aussi parfait en avocat. A part lui, la série a également recruté Victor Garber le Jack Bristow de Alias et Natasha Henstridge en petite amie d’Eli. Mais également le sympathique Tom Cavanagh de la série " Ed " interprétant le père d’Eli quand il le revoit dans ses souvenirs. Toute la partie Himalaya est aussi très amusante et décalée, c’était une bonne entrée en matière car on se demande ce qu’un avocat en costume cravate peut bien faire là. La fin nous ramène sur le toit du monde où Eli très symboliquement jette les cendres de son père, guidé par ses visions.
Conclusion : L’essai est concluant pour moi ce qui a très peu été le cas avec les nouvelles séries cette année. Maintenant la série pourra t’elle tenir la distance sur le long terme ? Ne va t’elle pas devenir trop gentille ou trop niaise au fur et à mesure ? Pour cela il faudra suivre la série et malheureusement, je ne vois pas la série durer très longtemps malgré la locomotive de Lost diffusé juste avant sur ABC.
mercredi 5 décembre 2007
Pilot : Reporters
A l’occasion de la participation exceptionnelle d’Olivier Kohn (créateur et scénariste de la série Reporters) au podcast de Series on Air, je me penche donc sur cette série en vous présentant le pilot qui est une véritable plongée au sein du journalisme en France. Ce premier épisode dresse un portrait sans concession du monde des médias français tant du point de vue de la presse écrite mais aussi de la télévision. Le mot d’ordre est clair, ne pas faire dans le consensuel comme peut le faire TF1 et compagnie.
Le pitch de départ : Reporters suit le quotidien de plusieurs journalistes. Certains bossent dans la presse écrite au journal " 24 heures dans le monde " en prise avec des problèmes financiers, d’autres bossent à la télé sur la chaîne publique TV2F et doivent concilier audience et rigueur journalistique. Chacun a son lot de problème, mais un but commun : informer la population.
Soyons clair, le début de ce pilot est un peu confus, de nombreuses intrigues se croisent sans forcément de connexions les unes entre les autres mais au fur et à mesure on sort de brume et des liens beaucoup plus fins se tissent entre les différentes histoires mais aussi entre les personnages. Nous laissant avec l’impression en fin d’épisode que tout se tient.
A l’image des séries américaines, on ne suit pas un seul personnage mais plusieurs. Il en demeure pas moi que Thomas Schneider se profile comme le héros de l’histoire, sans doute parce qu’il est le premier personnage dont on fait la connaissance alors qu’il réalise un reportage sur un groupe de hooligans néo nazis. Clairement il est prêt à prendre tous les risques pour un sujet de trois minutes au jt qui sera sans doute malheureusement zappé par le téléspectateur. D’ailleurs l’un de ses collègues se plaint déjà en salle de rédaction " quoi encore un sujet sur des fachos qui cassent de l’arabe ? ça va seulement servir à effrayer la population ". Et dans un sens, il n’a pas tort quand il dit cela. Pas assez vendeur visiblement mais cela ne semble pas décourager Schneider campé brillamment par Jérôme Robart. Et ce n’est pas sa deuxième enquête qui démentira le caractère tête brûlée du journaliste déterminé à mettre à jour des connexions entre un trafiquant d’armes en col blanc et le gouvernement français. Rendez vous secret, rencontre d’intermédiaires, documents classés top secret et même mort de son indic. Visiblement Thomas a mis le doigt où il ne fallait pas et Guerrin est bien déterminé à le faire taire. Au passage, on ne présente pas Guérrin comme le grand méchant Satan, il se cache sous le costume respectable d’un home d’affaire faisant du business. Il semble également être un père attentif, comme quoi tout n’est pas seulement blanc ou noir.
Intrigue en prise directe avec l’actualité, deux journalistes français sont pris en otage par un groupement terroriste réclamant la libération de prisonniers en partance pour la Russie. Une bonne idée afin de démontrer les liens entre la politique et les journalistes. En effet, comme le gouvernement se plie en 4 pour la libération des deux otages, il serait de bon ton de mettre en veilleuse les critiques contre ce dernier. La première page pamphlet contre le premier ministre en première page écrit par Florence ? On l’oublie, on fait deux pages loin de la une, et surtout on parle de léger remaniement ministériel. Tiens, tiens et comme les intrigues commencent à se croiser on retrouve Guérrin aux côtés des membres du gouvernement s’apprêtant à partir en avion. Là aussi il vaudrait mieux la fermer, même si Thomas a les preuves impliquant les plus hautes sphères du pouvoir et tant pis si un homme est mort pour rien.
Mais avant tout ce jeu politique, on nous rappelle que le journalisme est un métier dangereux, les images que l’on voit dans les JT ne se tournent pas toutes seules, il y a des hommes et des femmes derrière cette caméra et en temps de guerre ils prennent souvent beaucoup de risques pour informer l’Occident de ce qui se passe sur le reste de la planète. On nous montre également la difficulté pour les journalistes d’écrire dans un moment très émotionnel. Le rédacteur en chef de " 24 heures dans le monde " ne sachant pas quoi dire dans son édito au sujet des otages, étant beaucoup trop proche d’eux et trop bouleversé pour en parler.
L’enquête sur la petite fille assassinée est déjà plus clichée. D’ailleurs quand l’épisode a débuté, j’étais certain que l’on allait avoir droit à ce type d’intrigues. Mais malgré l’aspect convenu du sujet la série s’en sort plutôt bien et là aussi on ne nous épargne pas les raccourcis de la presse, tout ne peut pas être retranscrit dans un article mais également toute vérité n’est pas bonne à dire. Ainsi quand Michel Cayatte (formidable Patrick Bouchitey) met en doute la culpabilité d’un suspect arrêté uniquement parce qu’il est homosexuel, il est presque agressé par le père de la petite victime lors de l’enterrement. Evidemment on pourra se demander si Michel n’aurait pas mieux fait de s’abstenir d’assister aux funérailles mais après tout c’est son boulot de journalisme. La façon de gérer cette intrigue m’a beaucoup rappelé l’affaire Villemin par l’omniprésence de la presse et la côté tragique de la mort d’un enfant. On revient là aussi sur le problème de la page blanche mais là pour d’autre problème, Michel étant clairement un alcoolique. Il n’hésite pas non plus à sauter la patronne du café aux mœurs assez légères, même si la série évite de tomber dans des scènes gratuites de cul.
Au milieu de ses vieux brisquards, on retrouve une figure fraîche, Nadia jeune journaliste décrochant son premier gros job et qui n’a visiblement pas sa langue dans sa poche, à l’image de son père qui se trouve être Michel. J’avoue, je ne m’y attendais pas à celle là. On se sent tout de suite proche de Nadia car comme elle, on débarque nous aussi mais la série a l’intelligence de ne pas faire d’elle le rôle principal, du moins pas dans ce premier épisode. Cela évite le cliché de la série qui commence avec l’arrivée du personnage principale dans une nouvelle ville ou situation. Elle nous montre que son travail est fait de petites victoires et qu’il faut savoir s’imposer. Ainsi quand elle réalise son premier direct sur une manif, il n’y a personne pour la féliciter alors que pour elle, il y a visiblement un cap de franchi. Sa filiation avec Michel permet également de mettre en évidence la rivalité entre la presse et la télévision et j’ai là aussi trouvé cela très bien pointé sans pour autant en faire des tonnes. C’est un aspect auquel on pense finalement assez peu. D’autant que l’avenir " 24 heures " semble de plus en plus incertain avec cette idée de rachat par un grand groupe financier. Et oui, là encore on touche de près au réalisme et aux problèmes rencontrés actuellement par la presse écrite luttant constamment contre le pouvoir de la télévision mais aussi celui d’Internet pour pouvoir exister.
Bref, c’est en cela que Reporters apporte un ton différent, n’ayant pas peur de dénoncer les mécanismes souvent cyniques des médias et d’en dévoiler les coulisses comme dans cette scène particulièrement intense d’un flash spécial concernant la prise d’otages de deux journalistes. Et au final j’ai été particulièrement surpris en bien par cette série. La preuve que série française et série de qualité ne sont pas forcement des mots diamétralement opposés. Maintenant la série aurait elle eu la même gueule sur TF1 ou France 2, pas sûr. Si toute la série est du même tonneau ça promet. Qui sait, je pourrai peut être me pencher exceptionnellement sur cette série française au ton résolument neuf qui tout en s’inspirant des séries US, évite d’en être une mauvaise copie.
Pour en savoir plus, je vous conseille d’écouter le 6e podcast de Serieslive on Air avec Olivier Kohn en invité.
dimanche 25 novembre 2007
Pilot : Studio 60 on the sunset strip
L’année dernière, Studio 60 était l’une des nouveautés les plus attendues de la saison. Le pitch simple comme bonjour, les coulisses de la télévision suivant la fabrication d’une grande émission populaire dans le style Saturday night live, l’une des institutions américaines. A la barre, Aaron Sorkin, le génie à qui l’on devait déjà l’excellente série The west wing (à la Maison Blanche). Devant l’écran des acteurs au talent confirmé comme Matthew Perry (Friends), Bradley Whitford (The west wing) et Amanda Peet (Jack & Jill). Mais si la critique a adoré, le public lui a boudé la série condamnant celle ci à une seule et unique saison. Comme la chaîne Plug TV a commencé la diffusion de cette série, je me permet de vous en parler à travers ce pilot en tout point remarquable.
Evidemment on peut se dire que la télévision parlant de la télévision, il n’y a rien de plus chiant. Un peu comme les enfants de la télé où l’on regarde constamment son nombril en se disant combien on est génial. Hors d’entrée de jeu, Studio 60 prend le contre pied en tirant à boulet rouge contre le discours trop politiquement correct de la télévision grâce à un pamphlet en direct pour le moins salé par le producteur de l’émission lui même. D’emblée le ton est donné. Un peu à l’image du fameux vrai faux JT de la RTBF il y a près d’un an, vous imaginez bien que parmi les responsables de la chaîne diffuseur la fictive NBS c’est la panique. On commence évidemment par virer le responsable de cet énorme scandale même si après tout il a seulement dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. A savoir que l’on prend le téléspectateur pour des cons avec des programmes bas de gamme et que la seule chose qui compte est de préparer les cerveaux disponibles des téléspectateurs à recevoir le programme le plus important : la publicité. Et là c’est la télévision US qui parle alors que les fictions US sont relativement de bonne qualité quand on compare à la médiocrité des séries françaises notamment de TF1 pour ne pas la citer.
Jordan McDeere, nouvellement promue directrice des programmes est évidemment sous les feux des projecteurs. A peine est elle brillamment félicitée par les dirigeants de la chaîne, elle doit trouver la solution au scandale de Studio 60. Le problème est évidemment double. Comme elle l’explique, elle doit à la fois contenter les dirigeants qui ont détestés le speech mais de l’autre côté elle doit contenter le public qui lui a évidemment adoré cette tirade particulièrement hors norme. Pour cela, elle rappelle deux anciens scénaristes de l’émission virés comme des malpropres quelques années plus tôt. C’est là qu’entre en scène Perry et Whitford. Evidemment Jordan a tout prévu, elle les brosse dans le sens du poil, leur dit à quel point elle les trouve géniaux. D’ailleurs elle est l’une de leur plus grande fan. Mais pourquoi la croiraient t’ils ? Après tout elle travaille à la télévision, le royaume même du mensonge. Vous faîtes de l’audience vous êtes adorés, vous faîtes une petite gaffe, vous êtes viré et on ne veut plus jamais entendre parler de vous. Souvenez vous de Patrick Sabatier. Ah non, c’est vrai plus personne ne se souvient de lui.
Le jeu des coulisses est parfaitement retranscrit. L’intérêt de ce pilot repose sur le fait qu’il nous emmène là où on ne va jamais. A savoir les coulisses de l’émission. Les scénaristes, les producteurs, les réalisateurs, on ne les voit jamais à l’antenne mais la série les met justement en pleine lumière. Si les comédiens ont du talent, ce sont grâce à ces gens de l’ombre qu’une série ou une émission arrive à fonctionner. Et cela on n’en parle pas assez. Le duo entre Perry et Whitford fonctionne à merveille et on a vraiment l’impression que Matt et Danny se connaissent depuis toujours. Ils fonctionnent comme un vieux couple entre leurs coups de gueule, leurs angoisses et leurs problèmes. Deux scènes m’ont particulièrement frappés. Celle devant le studios très émouvante où tous deux voient le rêve de leur film s’envoler à cause d’une histoire de drogue et bien sûr la scène dans le faux taxi coupé en deux là aussi très émouvante où l’on sent la camaraderie presque adolescente entre les deux personnages a qui on remet le plus génial des jouets à savoir l’émission Studio 60. Mis à part le trio de tête, on fait également la connaissance d’une foule de personnages celui m’ayant marqué le plus étant celui interprété par Sarah Paulson, l’ex femme de Matt une chanteuse chrétienne et l’une des vedettes de l’émission. On peut également épingler la participation exceptionnelle de Felicity Huffman dans son propre rôle. La VF pour une fois très raccord, a conservé la voix française de l’actrice dans Desperate housewives.
Et puis un épisode utilisant Under Pressure de Queen pour le final, ça ne peut être qu’un très bon épisode. A la fin de celui ci, on sent à quel point Matt et Danny sont à l’aube d’ une nouvelle aventure et c’est cela qui rend ce pilot si formidable car il n’est finalement qu’un préambule, une introduction à toute la suite de la série. La clé est là, on a vraiment envie de connaître la suite et savoir comment ces deux artistes vont réussir à gérer cette émission entre les pressions de la chaîne, des comédiens de l’émission, des guests stars, des ligues de toutes sortes très présentes aux USA. Bref le début d’une grande aventure. Il aurait été amusant de savoir comment la série aurait traité de la grève des scénaristes aujourd’hui en cours. J’imagine que Studio 60 aurait été la seule série encore en tournage en étant le porte étendard des scénaristes en revendiquant au sein même de la série les arguments des grévistes. Ça aurait été grandiose.
jeudi 20 septembre 2007
Pilot : Gossip girl
Good morning upper eastsiders, gossip girl here. Et devinez quoi ? Un peu plus de 6 mois après la fin de The OC, Josh Schwartz est de retour avec une nouvelle série sur des jeunes, beaux, riches, réussissant sans problème en classe même s’ils n’y vont jamais et qui ont sans cesse des problèmes de cœur même s’ils ne sont pas cardiaques. Pour donner l’illusion que l’on n’a pas déjà vu cette histoire, on transporte les intrigues de Newport Beach à New-York mais globalement on y parle de la même chose. L’humour et le second degré en moins. Si The OC parlait de l’amitié entre deux garçons, Gossip girl nous parle de la rivalité entre deux filles : Serena Van Der Woodsen et Blair Waldorf. Deux anciennes amies qui se chamaillent pour les très beaux yeux de Nate Archibald et on se demande bien pourquoi, le garçon (ou l’acteur) étant particulièrement fade avec une mentalité à la Donna Martin de Beverly Hills. Et oui, le beau gosse ne veut pas " conclure l’affaire " avec sa copine Blair. Est elle vraiment la femme de sa vie ? Franchement se poser ce genre de question à 15, 16 ans c’est un peu fort. Remarquez je le comprend Leighton Meester ressemble à une vampirella de film d’horreur. Elle était beaucoup plus jolie en blonde nymphomane dans le docteur House. Durant tout l’épisode on a droit à des chamailleries et de l’hypocrisie entre Blair et Serena. Bref, si vous avez vu la bande annonce de la série (que je vous offre), pas besoin de regarder l’épisode car il ne se passe pas plus dans cet épisode. Tout était déjà résumé dans cette bande annonce. Autrement dit, cet épisode aurait pu tenir sur 3 minutes tant il ne se passe rien. On passe du " j’ai couché avec Serena " à un " je ne reverrai plus jamais cette fille " mais on sait très bien que ce n’est pas vrai, car toute l’histoire semble bâtie sur ce triangle amoureux pas le moins du monde revu et corrigé. On pousse même le cliché jusqu’à une Serena alcoolique comme son consœur Marissa Cooper de The OC a qui elle ressemble étrangement. Elle deviendra bien vite le boulet de la série. On pousse également la comparaison jusqu’à la seule phrase culte de l’épisode. le "whoever you want me to be " étant remplacé par un très classe (sans ironie) " It couldn’t be worse than the guys i do know ".
Seul personnage de l’entourage de Blair et Serena a attirer réellement mon attention, Chuck le clone d’Oliver Trask de The OC. Même cheveu noir, même regard de fouine, acteur différent. Il est le seul à avoir tout compris dans la vie comme il nous l’explique dans sa tirade à Central park en fumant un petit joint (mais qui ressemble à une cigarette industrielle parfaite roulée) face à un Nate se posant beaucoup trop de questions. Il semble également être un petit violeur en série, même si pour la morale de l’histoire il est repoussé par deux filles différentes au cours de ce premier épisode. Un possible bad boy qui pourra jouer des sales coups au cours de la série. Il connaît apparemment le secret de Serena qui n’est sans doute pas celui de sa coucherie avec Nate mais quelque chose de bien plus sombre sans doute qui pourrait expliquer son exil dans le Connecticut.
En dehors de cette jeunesse dorée, on trouve les Humphrey. Dan le loser amoureux de Serena depuis toujours mais qu’elle ne connaît pas, la naïve Jenny qui manque de se faire violer par Chuck et leur père ex rockeur ringard dont on voit à des kilomètres qu’il se mettra tôt ou tard à sortir avec Lilly la mère de Serena interprétée par Kelly Rutherford (Megan dans Melrose place). Les deux jeunes Humphrey sont sans doute les personnages les plus sympathiques. Dan est un garçon solitaire mais bien dans sa peau et on ne joue pas trop sur le caricature de Seth Cohen et c’est tant mieux. Jenny a la fraîcheur de la jeunesse et ça sera sans doute intéressant de voir comment elle va évoluer. Deviendra t'elle comme Blair et Serena ou au contraire résistera t’elle aux tentations ? Néanmoins on sent que les adultes vont très vite faire de la figuration. L’un des gros attraits de The OC était le mélange entre les intrigues des adultes et de leurs enfants, ici je pense que l’on peut oublier.
Pour nous narrer toutes ces histoires, il y a comme dans toutes les séries à la mode une voix off féminine. Originalité ici (la seule de la série en fait), c’est celle de la gossip girl. Une bloggeuse racontant toutes les rumeurs et scandales de cette jeunesse New-yorkaise dorée. Kristen Bell est la voix de la gossip girl et c’est très agréable de la réentendre après Veronica Mars (même si la série n’est pas terminée pour moi). Elle assure parfaitement même si on ne peut s’empêcher de penser à notre jeune détective quand on entend sa voix. Par contre quelques détails au sujet de la gossip girl. Elle aime les scandales et révéler les secrets mais par contre elle ne sait pas pourquoi Serena est revenue en ville, elle n’est pas non plus au courant pour la tentative de suicide du jeune frère de Serena (intrigue sur laquelle on se n’attarde pas alors qu’elle me semblait être la plus intéressante vu le jeune âge du garçon). Cerise sur le gâteau, aucun de ces jeunes (et encore moins leurs parents) ne semblent se soucier d’être espionné en permanence par une mystérieuse bloggeuse parlant de leur vie à eux mais pas de la sienne sur son blog. Personnellement je trouverai cela flippant si chaque jour je trouvai ma vie exposée sur le net par une parfaite étrangère.
Dis comme cela, on pourrait croire que ce pilot est très mauvais mais en fait ce n’est pas tout à fait le cas. Il se laisse regarder facilement, tout est relativement fluide et bien construit. Mais (et oui, il y a toujours un mais) la série n’invente strictement rien et ne fait qu’avancer des situations que l’on voit très rapidement venir de très loin. Dès la première seconde où l’on voit Jenny à la Kiss on the lips party, on sait qu’elle va avoir des problèmes avec Chuck et c’est comme cela tout au long de l’épisode pour toutes les situations. On pourrait même à partir de ce pilot décrire facilement de quoi sera fait l’ensemble de cette première saison ou presque tellement tout est transparent à l’image des personnages et des acteurs qui ne dégagent strictement rien tous autant qu’ils sont. Mais il n’y a pas à dire c’est malgré tout très bien foutu. Ça semble plus haut de gamme que des séries comme One tree hill/ Les frères Scott, moins cucul que 7 à la maison. Même si une fois le pilot terminé la série devrait devenir plus sage, CW oblige. Mais ça devrait très certainement plaire aux 14-18 ans pour laquelle la série est faîte sur mesure. Là où The OC et d’autres savaient élargir son public par l’ironie, les références, l’intelligence des scénarios. Ici, on sent d’avantage la série de commande basée sur des bouquins populaires dont la CW a acheté les droits.
Bilan : Je regarderai peut être encore l’un ou l’autre épisode mais je n’irai sans doute pas plus loin car je n’ai pas envie de me replonger dans un nouveau teen show encore plus quand celui ci n’a rien à dire de nouveau sur le sujet. Donc au final, à éviter si vous avez suivi des séries comme The OC, Beverly hills par contre si vous étiez trop jeunes pour les avoir vus , Gossip girl devrait vous plaire car c’est typiquement la série d’une génération.
Bande annonce de Gossip girl :
samedi 8 septembre 2007
Pilot : Skins
J’avais entendu parler de Skins à cause de sa réputation sulfureuse la qualifiant de série pour ados trash, entre sexe et drogue ce qui a piqué ma curiosité. Au final, je dois dire que j’ai été un peu déçu tel le pervers que je suis (n’est ce pas Speedu ?) car cet épisode pilot n’a rien de vulgaire, d’osé et aucune scène ne peut vraiment être qualifiée de trash. Nip/ tuck a été beaucoup plus loin dès son épisode pilot s’il faut une comparaison. Néanmoins ce premier épisode n’en est pas moins intéressant, j’ai même été surpris par la qualité de celui. Enfin une vraie série pour jeunes avec de vrais jeunes. Les filles ne sont pas des top modèles anorexiques et les garçons ne sont pas des acteurs de 25 ans bodybuildés devant se raser 3 fois par jour pour paraître plus jeunes. L’ambiance rappelle également un peu les séries australiennes ou canadiennes à ce sujet où les acteurs sont souvent beaucoup plus proches de l’âge de leur personnage. On pense aussi beaucoup au cinéma indépendant américain ou aux films du très controversé Larry Clark. La série s’en inspire visiblement en montrant une jeunesse écorchée vive, en manque de repère sans pour autant la juger. Il y a aussi le même côté voyeur comme sur l’insistance pour montrer en gros plans les baisers entre Michelle et Tony au café au matin. Série anglaise oblige, on retrouve également ce côté cinéma social propre au cinéma britannique.
L’histoire est simple, on suit la vie d’une bande de jeunes dans l’Angleterre d’aujourd’hui et cela sans angélisme. Ces jeunes s’amusent, sortent ensemble, boivent, fument et font la fête. Il est aussi beaucoup question de téléphone portable dans ce premier épisode, Tony le héros de l’histoire y étant sans arrêt pendu pour parler à ses amis ou même carrément les réveiller s’ils sont encore couchés après avoir passé une nuit agitée avec leur copine. Tony, parlons en, c’est le mec sûr de lui, un peu crâneur, marchant dans la rue comme s’il était le roi du monde, qui profite de la vie en s’amusant et qui prend un malin plaisir à emmerder son père comme nous le montre la scène au début où il s’enferme dans la salle de bain pour ensuite passer par la fenêtre et redescendre dans la cuisine familiale. La petite bande est à l’image de l’Angleterre d’aujourd’hui et on y retrouve même un musulman sans doute pakistanais à cheval entre la culture de ses ancêtres et la culture anglo-saxonne. La série néanmoins passe par certains grands classiques comme Sid le meilleur ami un peu geek de Tony amoureux de Michelle la copine de son ami. Mais Michelle en est pleinement consciente et s’en accommode, Tony ne l’aime pas exactement comme elle aimerait, là où Sid a un amour inconditionnel pour elle mais qui ne se matérialisera sans doute jamais. Se sera peut être l’un des enjeux des futurs épisodes. Trashitude tout de même, Tony arrange pour Sid un dépucelage en règle chez les putes. Le rendu à l’image n’est pas malsain ni de mauvais goût mais simplement très froid. On sent que le garçon n’est pas à l’aise et ce sentiment est contagieux pour le téléspectateur. Une scène visiblement dérangeante. Sid préféra s’en aller avec sa petite rencontre avec le mec bizarre à moustache, visiblement le proprio des lieux.
Comme dans toute série pour ados, il y a également une grosse fête où la bande de Tony s’invite et bien entendu celle ci tourne mal et ils se font plus ou moins jeter dehors aux petites heures du matin et l’une de leur amie ayant trop bu tombe dans un coma éthylique. Pas de problème, ils piquent une voiture avec l’aide de la grosse polonaise en échange d’étudiant. Finalement tout se termine bien sauf pour la voiture qui finit dans l’eau. D’ailleurs à ce sujet, on peut pointer une petite incohérence. A partir du moment où toute la bande sort la tête hors de l’eau, la polonaise et Chris sont éjectés du tableau. Les autres ne s’en souciant pas trop, on imagine qu’ils ne sont pas morts noyés mais bon j’ai trouvé cela bizarre comme oubli.
On imagine aussi que quelque chose se passera ou s’est déjà passé entre Chris et Angie la prof de psychologie dont la bande ne raterait ce cours pour rien au monde. Là encore on est en plein dans les classiques des séries pour ados. La relation entre les élèves et Angie est également très relax, on les sent assez proches de leur prof et leur façon de lui parler est très familière. Rien à voir avec le ton pincé du directeur de l’école des filles dans laquelle Tony vient auditionner. Cet séquence de chant pouvant être interprétée comme une métaphore sur le pouvoir de séduction du jeune homme sur la gente féminine. Charme qu’il sait parfaitement utiliser pour avoir ce qu’il veut. La fin nous offre d’ailleurs un détail amusant, la femme s’exhibant à la fenêtre n’étant autre que la femme du directeur de l’école et celle ci semble déçue de ne pas voir au matin Tony en train de la mater.
Au final, on a un tout premier épisode très efficace présentant des personnages assez attachants en particulier celui de Sid mais également Tony et aussi Cassie qui est un personnage au bord du précipice se noyant dans l’alcool et totalement déconnectée de la réalité. Les intrigues ne sont certes pas neuves, loin de là mais il se dégage quelque chose de différent par rapport aux séries américaines du genre. L’ensemble fait beaucoup plus authentique dans les attitudes ou mêmes les dialogues où l’on ne cherche pas à avoir des citations cultes à chaque phrase. Bref sans doute une série a connaître d’avantage, la saison 1 faisant seulement 9 épisodes. Mais apparemment une saison 2 serait prévue vu les bons résultats de la série sur la chaîne anglaise Channel 4.