lundi 16 juin 2008
Shipper or not shipper
Non, je n’oublie pas mes articles hors série. La preuve, voici le tout nouveau tout chaud consacré au phénomène shipper.
Mais tout d’abord qu’est ce qu’un shipper ? C’est un fan qui regarde essentiellement une série pour son ou ses couples vedettes. Ainsi je pourrai citer les shippers du couple Michael et Sarah dans Prison break ou ceux liant Pacey à Joey dans Dawson. Ces communautés de fans sont surtout actifs dans des séries pour ados comme The OC, One tree hill ou Dawson par exemple. Et il faut le dire tel quel, ces fans assez fleur bleues sont avant composé des téléspectateurs les plus jeunes et également principalement de filles s’accrochant à leur petite couple vedette comme les groupies de Patrick Bruel dans les années 90. Ces communautés de fans ont l’avantage d’être particulièrement actives sur Internet et contribuent à faire vivre de nombreux forums grâce à leurs discussions enflammées sur leur série. Les shippers peuvent également être très créatifs dans le domaine des fanarts (via photoshop), des montages photos ou vidéos et les fan fictions. Certains shippers vont même beaucoup plus loin. Le cas que je connais le mieux concerne Dawson’s creek, où les fans du couple Pacey/ Joey n’hésitaient pas à dénigrer le personnage de Dawson et son interprète James Van Der Beek pour faire valoir que leur couple était " le meilleur ". Je reçois également des messages hystériques sur le blog car j’ai eu l’audace de critiquer le couple Logan/ Veronica dans Veronica Mars, cela arrive encore souvent. Et j’avoue je trouve ces réactions assez drôles car souvent irrationnelles car basées uniquement sur le ressenti.
Malheureusement l’aspect shipper n’a pas que des aspects positifs car étant souvent très actifs sur certaines séries, on n’entend souvent qu’eux au point d’en venir à réduire les fans à une bande d’hystériques voulant à tout prix voir ou revoir leur petit couple chéri. Cela donne au fond une mauvaise image des fans de série en général en les assimilant trop souvent à des ados débiles ne pensant qu’à voir leur couple s’embrasser. La réaction de la production peut finalement être de deux types. Soit elle suit la vague shipper et ainsi cède au public en donnant à une partie de celui ci ce qu’il veut. Soit la production ne se laisse pas influencer. Ainsi, lors de la saison 3 de Dawson’s creek, le couple Joey et Pacey devait uniquement durer quelques épisodes mais vu l’engouement des fans vis à vis de ce couple, ils l’ont fait durer jusqu’à la fin de la saison 4. Allant jusqu’à dénaturer complètement l’idée de base de la série lors du dernier épisode de celle ci. Mais le phénomène shipper le plus fort reste celui dévolu au soap opera comme " Amour, gloire et beauté " où les fans forment de véritables groupes de pression aux USA. Ainsi lorsque l’histoire n’avance pas dans le sens qu’il espéraient (bien souvent liés à un couple). Les téléspectateurs boycottent purement et simplement leur série afin de faire chuter l’audience et ainsi pousser la production à faire machine arrière.
Comme dans tout phénomène, il y a les pour et les contre. Ainsi de nombreux fans se sont sentis trahis par la facilité d’introduire une romance entre Mulder et Scully dans les dernières saisons de X-files, là où la position la plus osée aurait été de refuser cette idylle de supermarché.
Une autre forme de shipper bien spécifique est également née depuis quelques temps. Ceux ci sont les slashers et sont fans de couples homosexuels n’ayant en fait jamais réellement existés dans la série. Ainsi les slashers vont guetter le moindre regard, la moindre réplique entre deux personnages masculins pouvant laisser penser qu’ il se passe quelque chose entre deux meilleurs amis ou deux collègues. C’est notamment le cas entre Danny Taylor et Martin Fitzgerald dans FBI portés disparus. La série Kyle XY a également joué là dessus dans les saisons 1 et 2 en faisant des allusions à peine déguisées au sujet de Kyle et de Declan. Cela surtout en début de saison 2. La plus célèbre relation slasher étant évidemment celle liant Xena à sa compagne Gabrielle.
Je n’aime pas ce phénomène shipper car bien souvent il limite la vision que l’on a d’une série. Si certaines séries se limitent finalement à qui couche avec qui, d’autres séries méritent bien mieux. Cela dit, j’ai moi même mes petites préférences mais le seul couple où j’ai véritablement été shipper a été le couple Rory/ Jess dans Gilmore girls. L’alchimie entre Alexis Bledel et Milo Ventimiglia était particulièrement palpable, les deux acteurs sortant d’ailleurs ensemble à l’époque. Un peu de shipper n’est pas totalement mauvais dans une série mais le risque est évidemment d’en faire trop en jouant là dessus.
Alors maintenant c’est à vous, aimez vous cet aspect " shipper " dans les séries, êtes vous fans de tel ou tel couple et surtout pourquoi ?
vendredi 14 mars 2008
Deux ans après la fusion, où va la CW ?
En complément du débat sur le podcast n° 12 de Serieslive on Air, voici mon article sur la CW. Comme cela, vous aurez une version écrite et une version audio.
Il y a deux ans l’annonce de la fusion entre la WB et UPN avait sonné comme un coup de tonnerre dans le paysage audiovisuel américain. Les ambitions de cette nouvelle entité réunissant Warner et CBS et baptisée The CW étaient claires et ambitieuses. Tout d’abord couvrir l’entièreté du territoire américain ce qui n’était pas le cas pour la WB et UPN. Un pari assez vite réalisé grâce à un grand nombre de chaînes locales affilées à ce grand network. L’autre vision était de créer un network pour les 18-34 ans et ainsi concurrencer directement la Fox sur son terrain de chasse favori. Deux ans plus tard, on ne peut que constater l’échec. En fusionnant, la CW pensait pouvoir cumuler les audiences de la WB et de UPN et même l’augmenter sensiblement. Hors la majorité des programmes prime times de la chaîne sont aujourd’hui inférieurs aux audiences de la WB. Concernant le public cible, celui ci est plus proches des ados entre 14 et 18 ans que d’un network qui au départ se revendiquait pour les jeunes adultes.
Pire, en deux ans, la CW a éliminé une à une les seules séries acclamées par la critique pour les remplacer par des séries d’une toute autre qualité. Ça a tout d’abord commencé par Everwood qui n’a pas survécu à la fusion, préférée non seulement au drama familial en fin de vie qu’était " 7 à la maison " mais aussi à " One tree hill " (les frères Scott) une série faisant moins d’audience que la série des montagnes. L’hémorragie s’est ensuite poursuivie avec l’arrêt de Gilmore girls après sept saisons et qui était pourtant toujours l’une des séries les plus suivie de la CW. Et bien évidemment l’agonie de Veronica Mars dont les remaniements artistiques voulus par la CW elle même n’ont pas plus aux fans, laissant la série mourir dans l’indifférence la plus totale. Pire, la CW a fait fuir la plupart de ses créatifs. Ainsi le couple Sherman Palladino a quitté le navire de Gilmore girls avant la fin de la série, faute d’un accord satisfaisant avec les autorités du network. Greg Berlanti, le créateur d’Everwood a lui signé avec Disney pour développer des séries sur ABC. Il a ainsi participé ses deux dernières années à Brothers and sisters, à Dirty sexy money et à Eli Stone. Rob Thomas, l’homme derrière Veronica Mars est lui courtisé également par ABC afin de réaliser un remake d’une de ses précédentes séries nommée " Cupid ". Et la nouvelle création de Kevin Williamson (Dawson’s creek) " Hidden palms " s’est vu édulcorée et être enterrée durant l’été par la CW. Nulle doute, on ne l’y reprendra plus.
Il y a quelques semaines, nouveau coup dur pour la chaîne. La WWE (World wrestling entertainement) et la CW annonçaient dans un communiqué commun que le programme de catch " Smackdown " ne serait plus diffusé le vendredi soir par le network à la rentrée prochaine. Là encore l’une des audiences les plus importantes de la chaîne s’envole. Si officiellement, les deux compagnies se quittent en bons termes, cette séparation est surtout une affaire d’argent. Certaines chaînes câblées ayant mis plus de billets verts sur la table pour attirer la compagnie de catch la plus puissante du marché américain. Ironiquement " Smackdown " a trouvé refuge sur MynetworkTV, une filiale de la Fox crée en même temps que la CW dans l’unique but de la contrer. La question se pose donc, y aurait il des trous dans la caisses de la CW ? Possible, quand on voit les mauvais investissements de cette année. Ainsi elle a déboursé d’importantes sommes d’argent pour tourner un drama familial en Afrique du Sud nommé " Life is wild ". Une série qui n’a jamais trouvé son public, un bide total. La CW a même fait durer le supplice en diffusant tous les épisodes disponibles faute d’autres productions en stock à cause de la grève.
Avec à peine deux ans d’existence, la CW est déjà un network vieillissant. Ses seules programmes qui fonctionnent correctement sont des séries et des programmes de télé réalité ayant déjà trois saisons dernière eux. Smallville est en fin de parcours tout comme One tree hill au point que les scénaristes de ces deux séries ne savent plus quoi raconter. Et les nouveautés sont en grande partie boudées à l’exception de Gossip girl bénéficiant d’un bouche à oreille efficace auprès des jeunes au point d’être l’une des premières séries téléchargées par les jeunes sur les plates-formes de téléchargement ou sur leur téléphone portable. La série bénéficie d’une relative bonne presse et les starlettes Blake Lively et Leighton Meester sont vite devenues les coqueluches des magazines et sites web pour ados. Par contre, là où The OC (du même producteur) avait su rallier également un public un peu plus âgé par des intrigues centrées sur les adultes et plus humoristiques, Gossip girl est définitivement trop girly.
Quel avenir donc pour la CW ? Il est bien loin le temps où les programmes de la WB étaient pour la plupart reconnus et même très appréciés de la critique. Des séries comme Buffy, Dawson, Felicity ou Gilmore girls ont été les séries d’une génération mais la relève semble difficile à trouver. Let network se cherche toujours comme dans les premières années de la WB en fait. Plutôt qu’un saut dans l’avenir en capitalisant sur les succès et l’image de la WB et de UPN, tout a été repris à zéro par la CW. Aujourd’hui la CW a grand besoin de se réinventer, de trouver des nouvelles séries phares et de nouveaux héros. Mais le pourra t’elle dans un secteur extrêmement concurrentiel où elle reste clairement le cinquième network toujours loin derrière les autres. L’avenir nous le dira mais le temps presse.
Et pour vous, succès ou échec ? Que pensez vous de cet network américain ?
vendredi 7 mars 2008
Diffusion en série : La recette belge
Comme vous le savez certainement, je vous écris de la Belgique d’où je suis originaire. Disposant à la fois des chaînes belges et françaises, j’ai donc un regard à la fois plus distant mais également plus critique vis à vis des chaînes françaises. Evidemment, vous vous dîtes que je vais forcément valoriser les chaînes belges par pur favoritisme. Certes, je pense la diffusion belge bien meilleure que celle offerte en France mais cela pour des raisons totalement objectives ou presque. Car oui, bizarrement les chaînes belges arrivent à diffuser les séries dans l’ordre, sans coupure et bien souvent au rythme d’un seul épisode par semaine et à des horaires acceptables. Pas besoin d’être insomniaques en Belgique pour suivre sa série préférée. Et oui, c’est possible.
Petite présentation. Tout d’abord, il faut savoir que le paysage audiovisuel belge francophone est dominé par deux groupes. D’un côté la RTBF ( groupe public disposant de deux chaînes, bientôt trois) et de l’autre RTL (groupe privé appartenant à la société Bertelmans possédant également M6 en France. RTL possède trois chaînes en Belgique). Dans une moindre mesure il y a également le groupe AB (AB3 et AB4) mais celui ci est plus que marginal. Une grande majorité des belges dispose à la fois les chaînes belges mais aussi TF1, France 2, France 3 et TV5 sur leur télévision gràce au cable ou la télé par Internet. Mais pas M6, pour cela il faut avoir recours à la vieille antenne.
RTL (3 chaînes : RTL-TVI, Club RTL et Plug TV)
La chaîne privée a fait des séries l’une de ses cheval de bataille depuis plus de 20 ans avec pour mot d’ordre d’offrir aux téléspectateurs belges la primeur absolue dans la diffusion comme ils disent dans leurs bandes annonces. Autrement dit, une diffusion avant les chaînes françaises. Pour cela, quasiment chaque jour de la semaine (excepté le jeudi et le samedi), la chaîne diffuse dès 20h30 (heure du début du prime time belge) une série télé et cela depuis de longues années. Historiquement Melrose place ou le docteur Quinn ont été diffusée respectivement le mercredi et le mardi soir. Aujourd’hui des séries aussi diverses que le docteur House, Grey’s anatomy, NCIS ou Lost se retrouvent dans ce type de case horaire. Ces séries sont généralement diffusés au rythme d’un seul épisode par soir et par semaine. Mais évidemment, il faut tenir la concurrence à l’œil, il n’est donc pas rare de voir RTL complètement chambouler ses plans du jour au lendemain pour ne pas se laisser distancer par sa rivale française TF1. Ainsi, RTL doit souvent courir comme une folle en ce qui concerne la diffusion des Experts (toutes villes confondues). Ce qui nous vaut parfois comme en France des soirées spéciales de trois Experts inédits et/ ou redifs confondus. L’année dernière, surprise par la diffusion de Grey’s anatomy à coup de trois épisodes par soir, RTL n’a pas eu d’autres choix que de procéder de la même manière. Mais cette année elle ne compte plus se laisser surprendre en diffusant la saison 4 depuis deux semaines. Ayant de la marge, RTL préfère fidéliser le public sur le long terme avec un seul épisode chaque mardi. Le vendredi traditionnellement acquis aux polars accueille une soirée de trois épisodes… mais de trois séries différentes. Numbers, Bones pour débuter avant d’enchaîner avec New York section criminelle et New York unité spéciale.
Exception, les séries diffusées en priorité par la chaîne cryptée Betv sont elles souvent diffusées par deux épisodes en deuxième fenêtre par RTL. C’est notamment le cas de Desperate housewives, de 24 mais également de Prison break.
En semaine de la journée RTL joue la carte de la rediffusion entre séries US (JAG, sitcoms, Las Vegas entre autres) et allemandes (Rex et Wolf ayant toujours la cote). Depuis peu RTL diffuse le soap français " cinq sœurs " mais se garde bien de donner les chiffres d’audience.
Le dimanche après midi s’est également fait une spécialité dans les petits délices à regarder en famille : Ugly, Betty, Men in trees (une fille en Alaska) ou encore Brothers and sisters (testé d’abord en prime time avant d’être rapatrié en après midi, faute d’audience). Bref disons le, malgré des productions propres nauséabondes, RTL reste un must pour les sériephiles.
Les fictions françaises se retrouvent plus ou moins indifféremment sur RTL ou sur la RTBF, ça dépend des moments et des contrats mais en ce moment mis à part Louis la brocante, les fictions françaises font la gueule sur RTL. Les derniers unitaires " événementiels " n’ayant pas marché le dimanche soir face… aux Experts diffusés sur TF1.
Club RTL (deuxième chaîne du groupe) a elle été vidée de sa substance série pour nourrir Plug tv à son arrivée sur le marché et n’a plus rien de très intéressant à proposer de ce côté là, si ce n’est les Gilmore girls en semaine, The west wing (A la maison blanche) en fin de soirée le lundi mais surtout l’indéboulonnable Simpsons diffusé au carrefour de 19h40 de façon quasi ininterrompue depuis la création de la chaîne, voici plus de 10 ans.
Pour les séries plus audacieuses ou d’avantage marquées public jeune, il faut se tourner vers Plug TV (troisième chaîne du groupe considérée comme un laboratoire en terme d’essais et d’erreurs). On retrouve des séries comme Nip/ tuck, Dirt, Queer as folks en prime time et seconde partie de soirée. The OC (Newport beach), One Tree hill (les frères Scott), Supernatural ou Studio 60 se contentent de cases entre 18 et 20h. La chaîne s’est aussi faite une spécialité dans les intégrales de Dawson, Buffy, Angel ou Ally McBeal diffusées du lundi au vendredi.
RTBF (2 chaînes : la Une et la Deux)
Sur le service public, c’est une toute autre histoire, les séries tv sont plus considérées comme un mal nécessaire qu’un produit d’appel noble. En semaine, la Une se contente de peu. Quelques vieux policiers allemands le temps de la sieste du troisième âge et en fin d’après midi une à deux rediffusions dans lesquelles on retrouve souvent Arabesque (qui cela dit cartonne au niveau de l’audience à chacune de ses diffusions). Mais surprise, depuis quelques mois la case 16h30-18h30 tente un " rajeunissement " des cadres avec l’éternel " 7 à la maison " (que la RTBF n’a jamais su vraiment diffuser correctement) et le " Docteur Quinn ". Pas de quoi grimper au plafond, c’est clair. Il y a bien eu une tentative avec Rome en prime time le mardi mais ça a soulevé un tollé de la part du public choqué par tant d’orgies et de violence. Du coup, la chaîne a remis la diffusion de la saison 2 aux calendres grecques.
Histoire de ne pas trop ressembler à la concurrence privée, la Une a enterré à la rentrée la série Shark avec James Woods à 22h et plus après le film du lundi soir. Là où la série avait tout pour réussir dans une case plus accessible elle a eu un succès d’estime dirons nous. Malheureusement dès la fin de Shark, une série de documentaire a pris la relève. Et c’est bien là l’un des gros problèmes de la RTBF. Une fois une série terminée, il n’y a pas une autre série pour perpétuer le cycle. Difficile dans ce cas là de capter l’attention du téléspectateur quand les horaires passent du coq à l’âne au fil des mois et des années, là où RTL a su fidéliser son public accro aux séries. Après avoir débuté sa carrière en prime time le dimanche, Monk est depuis diffusé en fin d’après midi le week-end mais sa case se télescope avec d’autres séries programmées sur la Deux. Ainsi il faut choisir entre Monk et le Doctor Who en ce moment.
Depuis trois ans, la RTBF s’est aussi essayée à la série maison avec plus ou moins de succès. La série " Septième ciel Belgique " centrée sur la rédaction déjantée d’un magazine d’astrologie à Liège a subi un véritable camouflet au niveau de l’audience mais aussi de la critique. Elle a malgré tout connu deux saisons diffusée dans l’indifférence en prime time. La RTBF a eu la main plus heureuse avec le sympathique " Melting pot café " racontant le quotidien d’un bistro bruxellois sur le ton de la dramédie. Un succès critique au rendez vous et des audiences qui n’ont pas trop mal fonctionné. Une saison 2 est en ce moment en préparation.
Les séries télés pour la RTBF c’est essentiellement pour le week-end car ce sont du divertissement. Et ça se passe sur la Deux en après midi quand le sport ne vient pas interrompre la diffusion pendant plusieurs semaines de suite. Ainsi, Le monde de Joan ou Everwood ont eu beaucoup plus de chance qu’en France, même s’il manque toujours au rapport la dernière saison du docteur Brown. Et en ce moment la Deux est dans un sympathique trip série anglaise diffusant coup sur coup Robin Hood, Primeval et le doctor Who mais à un rythme infernal de trois épisodes, même si la pression est retombée à deux depuis le génial voyageur du temps.
Seul le samedi soir semble être une case horaire acquise aux séries télés ou plus exactement acquise à la solde de FBI portés disparus diffusé quasi continuellement dans cette case depuis sa migration de la Une à la Deux. Succès moindre par rapport à sa diffusion sur sa collègue française certes mais la série semble bien installée et l’une des rares séries qui fait parler d’elle a être diffusée saison après saison au rythme d’un inédit par semaine. Eureka et Weeds ont également eu droit à cette case reine du samedi soir. Même si on pourra déplorer le rythme expéditif de la saison 1 de Weeds sur trois semaines. La RTBF avait elle peur de la polémique ?
Malgré le succès auprès des jeunes Smallville ne semble pas non plus avoir les faveurs de la RTBF. Diffusion très en retard par rapport à M6 et case horaire mouvante (et souvent annulée en dernière minute pour cause du sport), la série de Tom Welling a depuis quelques mois trouvé une case "parfaite" vers 19h50 juste avant la diffusion de FBI le samedi. On se souvient qu'une autre série pour ados avait aussi été sacrifiée sur l'autel du service public, il s'agit de Buffy dont la RTBF a complétement anéanti le potentiel en diffusant la saison 1 tard le soir mais en VO avant de retenter la série seulement plusieurs années plus tard le week-end en après midi. Depuis un an, la série a été rachetée par Plug TV qui la diffusé du lundi au vendredi de la journée. Bref si les beaucoup de français ont été dingues des aventures de la tueuse de vampire, en Begique francophone, le culte de la série lui n'a pas eu lieu.
Le dimanche soir semble également se construire une nouvelle case série avec The unit (toujours par deux, mon général) mais on peut se demander si la case sera pérennisée par la suite. Pour rappel FBI avait commencé sa carrière plus d’un an avant France 2 sur la Une mais dans une case à 22h le dimanche. Gagnant le prime time du vendredi soir seulement après le succès sur la chaîne française et puis déménagé le samedi soir sur la Deux afin d’attirer les téléspectateurs sur cette seconde chaîne sans réelle identité.
La Deux accueille également le soap français " Plus belle la vie " avec un peu d’avance sur France 3, histoire de garder l’exclusivité. Tant qu’à parler des fictions françaises, on retrouve en prime time sur la Une les Julie Lescaut, Femme d’honneur ou encore Joséphine ange gardien le jeudi soir. Pas tellement de la qualité donc mais des télésuites qui marchent plutôt bien en audience.
Pourtant malgré ce chantier sinistré, la RTBF persiste. Elle a retrouvé son contrat avec Warner et annonce pour les prochains mois des séries comme 30 rock, Chuck, Pushing daisies, Gossip girl ou la très controversée Californication. Yves Bigot (directeur des programmes) et Jean Paul Philippot (administrateur général de la RTBF) à l’inverse de Patrick De Carolis sur France Télévisions, ne semblent pas allergiques à la fiction US pour autant que celle ci soit de qualité disent ils. Attention les yeux.
Be tv
Chaîne cryptée née sur les cendres de feu Canal+ Belgique, Betv se décline en bouquet de cinq chaînes dont un " Be séries " diffusant en primeur les grosses machines américaines dans des choix toujours plus audacieux. Certes on y retrouve les classiques communs à sa voisine française, Desperate housewives, 24, How I met your mother et les fictions made in Canal+ comme Reporters ou La commune. Mais on y retrouve aussi Prison break, ce qui explique la diffusion à retardement par rapport à M6, Sleeper cell, Nip/ tuck, Californication et très bientôt l’excellent Damages avec Glen Close. Dirty sexy money et Pushing daisies sont également annoncés. Le tout diffusé dans de multiples cases horaires afin de satisfaire tous les abonnés et avec des campagnes de pub récurrentes non seulement sur les chaînes non cryptées mais aussi dans la rue où les séries de Betv envahissent régulièrement les abris du bus ou les bus et trams eux mêmes décorées aux couleurs de la dite série.
AB3/ AB4
Arrivée sur le marché en faisant trembler la concurrence tant privée que publique, AB3 et AB4 se sont vite retrouvées être des pétards mouillés diffusant le catalogue ultra usé de AB production. Je retiendrai seulement trois programmes, le soap " amour, gloire et beauté " (Connu ici sous le nom de Top model) récupéré quand RTL n’en a plus voulu et diffusé à 19h30 en contre programmation du JT de la Une, le catch " Raw " et " Smack down " (mais peut on parler de séries télés). Et de manière assez inattendue, AB3 a obtenu les droits de " New York police judiciaire " là où RTL diffuse les deux autres spin offs.
Voilà un petit tour d’horizon relativement exhaustif du pays audiovisuel belge francophone en ce qui concerne les séries. Il manque bien évidemment l'une ou l'autre série mais je n'ai pas non plus voulu faire du cas par cas mais plutôt un bilan global . A vous de voir si l’offre est meilleure, égale ou moins bonne par rapport à l’offre classique française. Si vous avez des remarques, des questions, des interrogations, y compris sur les programmes belges proprement dit, n'hésitez pas à laisser un commentaire.
En annexe, les scans de " journées types " sur la Une, la Deux, RTL et Club RTL, Plug tv et Be tv :
La une (mercredi 12/03) :
La Deux (samedi 15/03) : ![]()
RTL-TVI ( Mardi 11/03) :
Club RTL (Lundi 10/03) : ![]()
Be Séries et Plug tv (Vendredi 14/03) : ![]()
mercredi 27 février 2008
Génériques TV : Version courte ou version longue
L’une des nouvelles tendances depuis quelques années dans les séries est l’absence de générique ou l’apparition de ses génériques très courts de quelques secondes. Cette nouvelle mode a commencé avec une série comme Lost et son désormais célèbre logo à l’intérieur duquel on est projeté. Ces nouveaux types de génériques ont leurs amateurs et leurs détracteurs un peu nostalgiques dirons nous. Mais au fond il y a des bons et des mauvais côtés.
L’absence de ce générique a l’avantage de rapprocher la série du format visuel des films qui reste le genre vers lequel tend toujours la série en quête de reconnaissance. Ce format cinéma est d’autant plus perceptible avec la généralisation du 16/9e y compris dans nos contrées francophones. Bref cela rend la série plus classe, plus moderne mais peut être également plus adulte. Car il n’y a pas à dire le face caméra des acteurs de Beverly Hills façon photo scolaire ça faisait kitch et ringard. L’absence de générique permet aussi de mettre tous les acteurs sur un pied d’égalité. Ainsi une série comme Lost, possédant de nombreux personnages, n’a pas besoin de passer au générique tous les visages des acteurs de la série et s’épargne ainsi de vexer les acteurs plus secondaires qui ne s’y trouveraient pas. Le phénomène s’est d’ailleurs accentués ses dernières années au point aujourd’hui que les série des networks avec générique sont devenues marginales. Même Urgences et son générique emblématique ont cédé aux sirènes d’une certaine modernité. Certains dénonceront aussi l’aspect purement mercantile car aux USA après le générique on passe une page de publicité. Donc un générique plus court permet de passer quelques secondes de publicités supplémentaires. Maintenant, un générique court ne pourra pas non plus être édité en sonnerie de téléphone portable et encore moins servir pour éventuelle compilation des musiques de séries en CD.
Seules les séries des chaînes câblées (HBO, Showtime,…) semblent échapper à cette mode et elles en profitent même pour nous offrir des génériques particulièrement soignés et stylé reflétant l’univers de la série. Mètre étalon dans le genre, on peut citer Six feet under dont le générique glauque et glaciale nous plonge directement dans l’ambiance de la série, d’autant plus qu’il se trouve en ouverture de l’épisode sans scène pré générique (appelée teaser en anglais). Le générique de Carnivale va même plus loin en introduisant tout le contexte historique de la série de l’entre deux guerre, mais aussi tout l’aspect mythique de la lutte du bien contre le mal. Aujourd’hui, le générique de Weeds est teinté d’ironie en nous montrant des gens tous pareils dans leur petite boite comme le dit les paroles de la chanson dont l’interprète change à chaque fois. Ironie encore dans le générique de Nip/ tuck dénonçant dès le départ la chirurgie esthétique qui change le corps mais pas l’esprit. " A perfect soul, a perfect mind, a perfect face, a perfect lie " (Une âme parfaite, un esprit parfait, un visage parfait. Un parfait mensonge).
Malheureusement la disparition du générique a entraîné avec lui, la perte de l’identification de la série par sa musique. Une emprunte musicale qui a bien souvent traversé le temps et parfois même davantage que la série elle même. Ainsi tout le monde se souvient du générique français de Starsky et Hutch, les premiers mots de " I don’t want to wait " avec la voix de Paula Cole nous replonge immédiatement à Capeside pour suivre les aventures de Dawson et ses amis et que dire de la voix envoûtante (ou énervante pour certains) de Vonda Shepard dans le générique énergique d’Ally McBeal.. Hors le visuel étrange de Lost ne restera jamais dans la tête toute la journée.
Phénomène assez amusant. Les génériques absents de leurs séries préférées, les fans se sont emparés de ce vide artistique pour créer leur propre générique personnalisé qu’ils diffusent ensuite sur des sites comme Youtube. Ainsi on ne compte plus les versions de génériques d’une série comme Gossip girl. Preuve que les téléspectateurs sont toujours attachés à ce rituel de présentation. Moi même je reste attaché à des génériques comme Melrose place, The OC ou à celui de Monk.
Et vous ? Pour ou contre les génériques réduits à leur plus simple expression ? Et quels sont vos génériques préférés ?
Note : Cet article est totalement indépendant du débat de la semaine sur le forum de Serieslive. L'article était prévu depuis longtemps, c'est un simple hasard du calendrier si le sujet se retrouve à la une sur le blog et chez ce site ami :-)
lundi 11 février 2008
Grandes séries contre petites séries
Ça commence à ressembler à une habitude ces petits articles « hors série» et je crois que ça vous plait. Aujourd’hui, j’aimerai vous parler de la différence de traitement entre les séries. Ce traitement se fait de plusieurs façons mais ce qu’il faut avant tout retenir c’est qu’il y a d’un côté les grosses séries dont tout le monde parle, que tout le monde connaît et de l’autre des plus petites séries dont on parle finalement très peu mais qui ne sont pas forcément moins bonnes ou nulles bien du contraire. Si je parle de Lost, de Desperate housewives, de Prison Break tout de monde sait de quoi je parle. Mais si je vous dis 30 rock, Everwood, Carnivale, cela vous paraît déjà moins net. Pas forcément à vous les fans hardcore de série formant une grande partie des visiteurs du blog mais je parle avant tout du téléspectateur lambda. Déjà en temps normal, celui ci ne fait pas la différence entre Les experts Las Vegas, Miami ou New-York alors essayez toujours de lui parler d’une série passant à 2h du matin sur France 2 comme The west wing, il ne va rien du tout comprendre et trouvera cela forcément nul car forcément ça passe à pas d' heure.
Pourtant ces séries dîtes petites ne sont bien souvent pas moins bonnes que les grosses séries dont on nous rabâche sans arrêt les oreilles. Elles peuvent même être considérablement supérieures. Ainsi Everwood a été durant 4 saisons une série vraie, authentique, très bien écrite et magnifiquement interprétée notamment par Emily Vancamp et Tom Amandes. Mais à part une poignée d’irréductibles, qui se souviennent de cette série en France ? Everwood ayant le triste palmarès d’être passée par 4 chaînes différentes et d’avoir été l’un des derniers programmes proposés par Fox life avant de s’éteindre. Par contre si je vous parle des Frères Scott, là tous les jeunes connaissent ce truc malgré les clichés, les intrigues navrantes et personnages insipides parcourrant la série. Pourtant, il y a une autre série sur le lycée avec des jeunes, sous fond de sport. Et oui, c’est Friday night lights et là personne n’en parle et surtout pas en France où la série est enterrée sur une obscure chaîne de la TNT. Et là c’est un peu la même chose malgré la qualité et le succès critique pour dire combien cette série est formidable, elle est boudée par le public y compris aux USA le pays fou des quaterbacks et de punch down.
A chaque nouvelle saison de Lost ou Desperate housewives on nous inonde d’articles pour nous dire combien ces nouveaux épisodes sont formidables, encore plus forts, encore plus grands que les précédents. Pourtant, il suffit de surfer un peu sur le web pour constater la déception des fans suite à la saison 3 des wives mais aussi de Grey’s anatomy. Par contre pas un mot sur l’impertinence de 30 rock ou la fraîcheur apportée par les habitants d’Elmo Alaska dans la série Men in trees menée par Anne Heche qui n’est pourtant pas une inconnue. L’enchantement provoqué par le visuel de Pushing daisies se mesure t’il avec le cœur ou avec l’indice d’audience Nielsen ? Forcément Men in trees ou 30 rock n’ont pas connu un succès d’audience aux USA. Mais est ce pour cela qu’il faut les bouder ? Faire comme si elles n’existaient pas ? Certes la situation est moins catastrophique aux USA qu’en France mais là bas aussi tout ce qui fait de l’audience n’est pas forcément ce qui se fait de mieux. La star ac’ est t’elle meilleure que Envoyé spécial sous prétexte qu’elle fait plus d’audience ? Je pense que personne n’osera le dire. Et bien pour les séries US c’est la même chose. L’audience n’exprime pas tout.
Mais heureusement tout ne se limite pas à cette audience. Ainsi des séries à l’audience plus modestes arrivent malgré tout à créer l’évènement autour d’elles, à faire parler d’elle indépendamment du nombre de téléspectateurs présents chaque semaine. Et cela j’ai envie de dire que c’est quelque chose de génial. Ainsi une série comme Heroes n’a pas une audience incroyable et encore moins en saison 2. Ces scénarios ne sont pas non plus incroyablement bien écrits mais la série arrive à faire parler d’elle. Grâce à un marketing savamment mis en place et orchestré d’une main de maître par NBC. Cela dit, ça n’a pas empêché la série de se ramasser en France selon les critères plutôt stricts de TF1 en terme de succès d’audience. Dans la même catégorie on retrouve Prison break qui fait des scores relativement moyens sur la Fox malgré un excellente démarrage voici trois saisons. Au prorata du nombre d’habitants, Prison break doit apparemment mieux fonctionner en France qu’au USA. Néanmoins ça n’empêchent pas les visages de Wentworth Miller et de Dominic Purcell de se retrouver sans arrêt à la une des magazines et d’être considérées comme l’une des séries du moment. A l’inverse une série comme Brothers and sisters fait d’avantage d’audience le dimanche soir sur ABC que Heroes ou Prison break mais la série reste discrète malgré une grande qualité d’écriture et un casting 4 étoiles composé de Sally Field et Calista Flockhart entre autres. Et cela on ne le dira jamais assez. Sans doute pour cela aussi que les Walker ont ma préférence car ils se font plus discrets.
Phénomène aussi très intéressant celui de The OC (Newport Beach en VF). La série a vu son audience constamment revue à la baisse depuis la fin de la saison 1 sur la Fox et elle n’a jamais réellement su trouver son public en France et pourtant le nombre de sites, de blogs, de forums consacrés en français à la série reste impressionnant. Comme quoi la popularité d’une série ne se limite pas à un simple chiffre d’audience mais aussi à l’impact qu’elle a sur Internet. La guerre du web fait aussi rage au royaume des séries mais pas toujours de la meilleure façon qu’il soit car souvent c’est à celui qui criera la plus fort. Ainsi la balance Joey/ Pacey, Dawson/ Joey a sans doute penché du côté des premiers car c’était ses fans qui faisaient le plus de bruit. Dans un autre genre, le podcast spécial Noël sur Heroes de Serieslive on Air s’est vu incendier par des fans hystériques de la série ne supportant pas qu’on pointe les défauts de la série. Là où les podcasts sur B&S ou 30 rock n’ont pas très bien fonctionnés.
Et moi dans tout cela ? Comme tout téléspectateurs, je me laisse avant tout guider par mes goûts peu importe l’audience ou la visibilité de la série. Les histoires et les personnages doivent me plaire, voilà l’important. J’ai tout de même une petite préférence pour ces petites séries moins connues mais de qualité comme Men in trees, Everwood ou Gilmore girls. Mais je ne renie pas non plus des grosses productions comme Desperate housewives et Lost par exemple. Par contre, je n’aime pas me voir imposer des séries par la force du marketing. Je préfère les découvrir par moi même, épisode après épisode et je succombe rarement à une série simplement parce que tous les médias en parlent. Rien de plus énervant qu’un Bionic Woman ou du Sarah Connor’s chronicles qu’on essaye de nous vendre comme the next best thing. Je peux donc un peu comprendre les français boudant certaines séries comme Heroes et Ugly Betty car on leur dit tellement à l’avance comme c’est bien qu’à la fin ils sont déçus et ils sont déjà gavés par cette série avant d’en avoir vu la moindre image.
Et vous chers lecteurs, qu’en pensez ?
lundi 21 janvier 2008
La VF et la VO : Quelques éléments de réflexions...
Dans une volonté constante de voir évoluer le blog et vu le succès de la chronique précédente sur la diffusion en paquet, j’ai décidé en 2008 d’écrire d’avantage de chroniques hors série afin de poser le débat et des réflexions dans la blogosphère des fans de séries.
Aujourd’hui, je m’attaque à cet éternel débat de la version française contre la version originale. Un débat très vaste, souvent débattu sur d’autres forums et je vous vois déjà venir. Vous vous dîtes que je vais sans doute diaboliser la VF et favoriser la VO. Et bien pas du tout (du moins je vais essayer) car je pense que les deux versions ont leurs avantages et leurs inconvénients. Et je vais surtout essayer des arguments nouveaux que l’on met moins en avant quand on parle de la VF et de la VO.
Le point fort de la VF étant bien sûr qu’elle est plus facile à comprendre, non sans blague ? Votre père, mère, petit frère et tante qui ne sont pas forcément des bêtes en anglais pouvant prononcer sans la moindre faute de prononciation un titre de série tel que " 30 rock " et sont encore moins des fans absolus de série mais ils ont aussi le droit de regarder leur programme et sont satisfaits de le regarder en français. De plus une série gagne ses galons de série populaire avant tout quand elle commence à être diffusée à la télévision pour le grand public et cela passe inévitablement par la version française. On parle plus facilement de Desperate housewives entre amis ou en famille quand elle a été diffusée sur M6 que lors de sa diffusion américaine, il faut le reconnaître. La preuve encore sur ce blog où les pics d’audience concernant certaines séries se font au moment où la série est diffusée en français. Ainsi il y a quelques semaines, j’avais très peu de mots clés parlant de Ugly Betty. Aujourd’hui celle ci se fait une place de choix aux côtés des Desperate housewives par exemple.
Autre avantage, après une longue journée de travail, à l’école ou sur la route avec un mal de tête qui ne vous quitte pas et d’autant plus par ses longues soirées d’hiver, on n’a pas toujours envie de faire un effort pour comprendre une série qui plus est sans sous titre français. On a juste envie de se détendre devant un bon petit épisode et la VF est alors tout indiquée. Après tout, quelle est la vraie différence de regarder FBI portés disparus en VF ou en VO ? Ce n’est pas comme si Jack Malone allait nous sortir une vanne hautement spirituelle et le suspect sera toujours le même. Pour être honnête, il y a des séries dont je suis parfaitement satisfait de suivre la version française car je ne me sens pas pressé par le temps pour les regarder. Ainsi je prends beaucoup de plaisir à suivre FBI portés disparus, 24, New-york unité spéciale et même House en français. Quoi House en français ? Et oui, je suis parfaitement conscient de louper quelques vannes acerbes du gentil docteur rectifiées dans la langue de Molière mais j’ai commencé la série en VF et je me suis attaché à ces voix là. Et puis, je l’admet, la voix de Féodor Atkine passe beaucoup mieux que la voix nasillarde de Hugh Laurie. Je trouve même le ton de Féodor encore plus moqueur et second degré.
Mais en dehors du fameux problème de traduction des répliques souvent plus édulcorées en français (même si on traite les américains de puritains) maintes fois aborder dans le débat VF contre VO, il y a quelque chose de bien pire. L’atmosphère même d’une série peut se perdre en français, en rendant la série beaucoup plus niaise qu’elle ne l’est en réalité. Ça m’a frappé quand j’ai regardé " Men in trees " devenu " une fille en Alaska ". En VO, on a une petite série sympathique, amusante avec des dialogues drôles et une Anne Heche punchy comme tous les autres personnages cinglés de Elmo. En VF, on a une espèce de bluette indigeste avec des dialogues qui tombent à plat auxquels on sourit à peine. C’est peut être mon cerveau qui fonctionne mal mais dès que c’est en anglais, je trouve tout de suite une série plus intelligente. Certains personnages y perde beaucoup de leur spécificité. Anis dans Lost, le gros accent de Desmond fait tout le charme du personnage avec ses " bloody " et ses " brother " à chaque phrase. Et on perd vraiment cette dimension du personnage en français. C’est sans doute le ton, l’intonation des acteurs avec leur vraie voix mais ça sonne tout de suite mieux, plus authentique en anglais, on y croit d’avantage. Même les dialogues ultra écrits et ultra stylisés de Gilmore girls sont crédibles en VO et cela même si Lauren Graham débite 100 mots à la seconde. En VF, ben idem, Gilmore girls devient une série niaise pour fille que l’on a honte de regarder s’il il y a une autre personne que vous dans la pièce.
La VF a souvent tendance à tout aplanir et dans l’ensemble je trouve que ce sont les séries d’avantage verbale qui y perdent dans l’aventure. Ainsi comme j’en ai déjà parlé les séries policières type Les experts, en français ou en anglais c’est un peu du pareil au même. Là où Ugly Betty devient nettement moins savoureux en français car on perd le ton de la voix des vrais acteurs qui ne se prennent pas au sérieux. A commencer à Wilhelmina passant pour une simple méchante de base alors qu’elle est beaucoup plus second degré en VO grâce aux intonations snobs très appuyées de Vanessa Williams. Mais ce n’est pas nouveau. Ainsi les rares fois où je me suis écorché les oreilles à écouter Ally McBeal en VF, j’ai découvert une Ling complètement différente de celle que je connaissais en VO. Elle paraissait même presque gentille en VF, un comble. Et que dire de la voix de fillette de 5 ans de Calista Flockhart. Si ça pouvait passer dans Ally, elle ne semble plus trop crédible quand elle affirme ses convictions républicaines dans Brothers and sisters avec une telle VF.
Voici donc ma petite contribution à ce vaste débat. Il y a sans doute encore des milliers d’autres arguments. D’où l’idée de vous mettre à contribution. Qu’avez vous à dire sur le sujet ? Etes vous un anglophone hardcore ou au contraire patientez vous pour écouter votre série en français. En premier un sondage et ensuite vos commentaires sont les bienvenus.
lundi 17 décembre 2007
Diffusion en séries : mode d'emploi
Cela faisait très longtemps que je n’avais pas poussé de coup de gueule sur mon blog et comme je sais que certains d’entre vous adorent ça, je ne vais pas m’en priver. Mon coup de gueule du jour porte sur cette "nouvelle" mode de la diffusion des séries par paquet. Ça en est à un point tel qu’il est quasiment impossible aujourd’hui en France d’avoir une diffusion normale avec un seul épisode par série. Ça contamine même les programmes de la journée où France 2 trouve très intelligent de balancer deux "Rex chien flic" d’affilée. Le phénomène est encore contenu en Belgique même si on ne nous épargne pas deux Desperate housewives, deux Prison ou même carrément trois Robin Hood de suite et en pleine journée. Les responsables télés vous diront qu’ils font cela car le public n’est pas encore prêt à avoir des séries de une heure lors du prime time. Mais forcément si on n’essaye pas, difficile de s’y habituer. Pourtant ce modèle de diffusion à la française n’a quasiment que des inconvénients.
- Avec une telle diffusion, une saison dure moins longtemps. Il suffit de faire le calcul. Hors l’intérêt d’une chaîne de télé est de fidéliser le téléspectateur sur le long terme. Une fois la série finie plus rapidement, il faut retrouver un autre programme pour combler le vide, sans trop perdre le public ciblé par la série précédemment diffusée. Là où une diffusion avec un seul épisode permet de fidéliser d’avantage le téléspectateur, mieux ça permet d’avoir une locomotive de rêve pour le programme suivant et ainsi faire découvrir un programme (série ou pas) moins connu du grand public.
- Si on a le temps de regarder sa série durant une heure, on n’a pas forcément le temps ni l’envie de suivre 2 voire 3 épisodes d’affilée. Il y a une vie en dehors de la télévision. Quoi ? Moi je dis cela le fan de série ? Ben oui, je le dis. Une série ça dure seulement 42 minutes (une heure avec pub) après on peut faire tout autre chose. Là où si on regarde 3x 42 minutes, forcément on n’a plus le temps de rien faire de la soirée, ni même de la nuit (et donc dormir) vu que même à 22h30, 23h TF1 passe aussi 2, 3 épisodes.
- A la rigueur, ça peut encore aller pour les séries non feuilletonnantes comme " Les experts ". Ainsi on a le choix de regarder le premier épisode et d’aller se coucher ensuite ou de regarder le deuxième juste après avoir mis les enfants au bain et au lit. D’ailleurs on remarque souvent une hausse d’audience et/ ou de parts de marché pour les épisodes plus tardifs. Par contre pour les séries à suivre, cela semble plus compliqué car évidemment il ne faut pas rater un épisode. Et pire on ne peut pas les enregistrer pour les regarder plus tard par risque d’être spolié durant une conversation le lendemain matin devant la machine à café au boulot.
- Autre inconvénient, cette diffusion par paquet nous fait tout mélanger et on ne sait même plus si tel événement s’est passé dans tel épisode ou dans un autre. Si ça ne pose pas de vraiment de problème dans une série à suivre, c’est d’avantage plus problématique dans les séries à épisode unitaire. Ainsi monsieur et madame X regardent " Les experts " par batterie de 2 ou 3 sur TF1. Madame va se coucher à la moitié du deuxième car trop fatiguée. Le lendemain elle demande au petit déj’ " Tiens comment s’est terminé les experts hier ? " le mari " ben, c’était machin qui avait tué truc " madame " mais non, ça c’était dans le premier épisode ". Bonjour pour s’y retrouver, n’est ce pas ?
- Une telle diffusion par paquet est également un cadeau empoisonné. On fait croire aux téléspectateurs que ces soirées " événement " sont une récompense, qu’on le fait pour eux. Mais en fin de compte, on passe plus de temps à attendre la série qu’à la regarder. 22 épisodes par paquets de 3 ça fait 7 semaines. On reste donc 45 semaines par an à attendre le retour de sa série favorite pour en gros 3 mois de diffusion. Là où on pourrait avoir rendez vous durant 22 semaines chaque samedi ou chaque lundi avec Meredith, Locke, Cuddy ou Suresh.
En plus de tous ces petits problèmes pratiques, cette diffusion par paquet tue complètement la mécanique même du récit. Ainsi la fin à suspense de 24 ou de Prison break est totalement ridicule car on nous sort une fin de dingue pour nous faire patienter non jusqu’à la semaine prochaine mais 5 minutes au pire le temps de la pub et je dis bien au pire car la grande spécialité maintenant c’est de ne plus avoir de pub entre la fin du premier et le début du deuxième épisode. Histoire de ne pas savoir zapper, aller aux toilettes ou enclencher son cerveau.
Il y a aussi un gros problème au niveau temporel. Une saison d’une série couvre très souvent une année dans la vie des personnages. Avec 3 épisodes d’affilée, on a la rentrée des classes, Thanksgiving, Noël, un viol, un accident de voiture, une grossesse, un tueur en série et tout cela sur deux mois de temps. Un peu beaucoup, non ?
Tout cela vous dire que j’en ai marre de ces programmations à la con prenant le téléspectateur pour une oie ou une vache que l’on gave jusqu’à ce qu’elle éclate. Alors c’est chouette d’avoir des séries en soirée mais dans ces conditions non car les gens râlent et en ont marre du robinet à séries. Bref, il n’y a pas plus de respect pour les séries aujourd’hui. Au contraire cette abondance par paquet renforce alors plus leur mauvaise réputation car c’est " toujours la même chose ".
Finalement, le must pour moi, c’est de regarder les épisodes en coffret DVD. Je regarde quand je veux un épisode peu importe le jour ou l’heure de la semaine. Et surtout je peux choisir le rythme de diffusion. Forcément une semaine entre chaque épisode mais cela peut même être beaucoup plus. Avec les coffrets Nip/ tuck, Entourage ou des 4400, j’espace parfois chaque épisode de deux ou trois semaines ce qui permet de faire durer le plaisir encore et encore. J’ai regardé Weeds (saison 1) tout l’été grâce aux DVD, là où la RTBF a diffusé la série sur 3 semaines soit distante événement. La vraie raison était sans doute pour vite en finir avec un tel brûlot controversé.
Je terminerai cet article en me tournant vers vous. Comment aimez vous regarder vos séries préférées ? Car après tout j’ai peut être tout faux. Je suis peut être le seul à râler d’une telle diffusion expéditive.
lundi 12 mars 2007
Raz le bol des experts



Une fois n’est pas coutume, je lance un coup de gueule contre les séries et cela à l’égard des experts (CSI) et ses différentes séries dérivées. Hier soir encore, RTL-TVI diffusait trois épisodes des Experts. Certes trois épisodes dans l’ordre et inédits, mais cette diffusion était précédée en après midi d’une rediffusion de sa spin off de Miami. Le lendemain, un autre épisode de Miami mais cette fois en inédit et en prime time. Un jour de répit et TF1 dégaine mercredi trois autres experts de Las Vegas mais dans le désordre le plus total. On peut même y ajouter la mauvaise copie française diffusée également par rafle 2 ce jeudi par la chaîne française. Ce n’est donc pas moins de 10 épisodes d’enquêtes scientifco policières (8 US et 2 français) qui sont sur nos écrans cette semaine.
Dernièrement le quotidien belge " La dernière heure " dénombrait pas moins de 8 épisodes des experts diffusés en semaine partagés entre RTL et TF1. Ne frôle t’on pas l’overdose ? Si je ne suis pas à la base un fan de cette saga, je peux en reconnaître l’efficacité et le succès de celle ci. Mais je me permet donc de m’interroger. N’est on pas à cette allure là en train de détruire l’un des plus gros succès séries de ses dernières années en offrant aux téléspectateurs toujours et encore plus d’épisodes de cette série ? Cette série est mise à toutes les sauces et en toutes circonstances. Exploitée et surexploitée par les chaînes en possédant les droits. Au point que l’on ne voit plus que ça quand on allume la télé en soirée. Meurtre, autopsie, découpage de corps et effets spéciaux peu ragoûtants au menu chaque soir ou presque. Je vais argumenter en différents point le pourquoi de ce raz le bol contre les experts.
Le bouclier contre la concurrence
Depuis la rentrée télé, TF1 a trouvé son nouveau champion de l’audience : Les experts. On ne peut que saluer ce succès série, mais si on analyse celui ci on remarque bien souvent que cette diffusion des experts sert avant tout à la chaîne de bouclier contre la concurrence des autres chaînes. Ce phénomène est également visible de l’autre côté de la frontière franco-belge.
Dès que la concurrence propose un programme susceptible de rallier un grand nombre de téléspectateur, on dégaine les experts, quitte à créer l’émoi au sein de la population et l’inquiétude des professionnels du cinéma. Ce fut le cas il y a quelques mois lorsque TF1 remplaçait son inamovible film du dimanche par les experts afin de contrer France 2 qui en contre programmation proposait une soirée FBI portés disparus bien trop performante aux yeux de la chaîne privée.
C’est également le cas en Belgique où dès que la RTBF propose un programme novateur attirant le téléspectateur comme " Y a pas pire conducteur ", RTL déprogramme en catastrophe ses émissions d’humour du mardi pour offrir en remplacement je vous le donne en mille, les experts. La chaîne aurait pu proposer autre chose, un film ou une autre série tout aussi accrocheuse. Mais non, c’est toujours le même déclic, tel un réflexe pavlovien. Bref dès qu’une chaîne est en difficulté, vous pouvez être certain qu’elle sortira l’arme magique des experts pour redresser la barre.
La diffusion aléatoire
Ce bouclier anti concurrence est bien souvent assorti d’une diffusion aléatoire, les experts étant passé un peu par toutes les cases au fur et à mesure des saisons. Diffusés il y a quelques mois le dimanche sur TF1, la série est diffusée cette semaine le jeudi mais peut être pour une seule soirée " exceptionnelle " sans doute.
Si en Belgique, on peut encore se prévaloir d’une diffusion dans l’ordre, en France c’est très loin d’être le cas. TF1 alternant les saisons 3, 4 ou 7 au fil de la soirée et cela sans voir le téléspectateur émettre le moindre frisson (c’est aussi là le problème j’y reviendrai).
Forcément si le jour est aléatoire, cela signifie théoriquement que le programme établi normalement dans la case horaire se voit déprogrammé souvent sans véritable raison. Ainsi les experts Manhattan ont pris il y a deux semaines la place de House le mardi sur RTL pour revenir à une diffusion normale la semaine suivante. Mais 3 semaines plus tard, surprise, les experts reviennent et déprogramment à nouveau le passage de House saison 2. L’argument suprême de RTL étant de diffuser dès que la version française est disponible pour ne pas se faire doubler par la chaîne française. Argument qui peut se défendre mais comme TF1 diffuse la série dans le chaos le plus complet, je ne sais pas si cela joue beaucoup. De plus dans le passé, il a été démontré que rediff ou pas la série fait de toute manière de très bons résultats. De plus il n’est pas rare même avec les experts de voir TF1 finir la soirée troisième derrière RTL et la RTBF en Belgique.
La diffusion en gavage par 2 ou 3 est aussi particulièrement énervante. Si un épisode ça peut encore passer en attendant un programme meilleur. Deux ou trois épisodes, c’est carrément impossible en ce qui me concerne. Le pire c’est les chaînes qui en font une " soirée événement ". Comme si on faisait un cadeau aux téléspectateurs avec cette programmation expéditive et empoisonnée. Oui, empoisonnée car avec une telle diffusion en rafale, la soirée dure souvent plus tard et donc je défie le téléspectateur de base (pas les fans acharnés bien sur) de se rappeler en détail le lendemain ce qui s’est passé dans chacun de ses épisodes. Une manière sans doute de faire revenir le téléspectateur d’ici quelques mois devant les mêmes épisodes diffusés dans un ordre différent et il n’y verra que du feu.
Le téléspectateur a donc sa part de responsabilité là dedans. Celui ci a l’opportunité de dire stop en sanctionnant la chaîne grâce à l’audience mais cela n’arrive malheureusement pas très souvent. Le téléspectateur allume TF1 ou RTL par défaut, comme s’il n’y avait que ça et donc cautionne malgré lui la politique chaotique des experts en particulier sur TF1. Alors qu’entre rediffusions, inédits, épisodes dans le désordre, retour de personnages morts, il y aurait de quoi se perdre et exprimer un certain raz le bol. Certains râlent pourtant en ouvrant leur programme télé favori pour s’exclamer : " encore les experts ! ". Mais ils se retrouvent malgré tout devant faute de mieux ou par paresse.
Le clonage en séries
Mon troisième raz le bol, vient de la série en elle même. Celle ci est déployée en une série mère (Las Vegas) plus deux spin off : Miami et Manhattan. Toutes les trois sont conçues sur le même moule.
Un chef charismatique : Petersen , Caruso, Sinise, une alter ego au féminin et des sous fifres interchangeables et fantomatiques.
Les intrigues mis à part le lieu géographique ne diffèrent gère de l’une à l’autre. Au contraire par exemple des Law & order qui ont chacune leur spécificité. L’intrigue en elle même est souvent mécanique avec la recherche d’indices minuscules dont est exclus le téléspectateur.
Le portrait de personnages ou de milieux sociaux faits également souvent défaut. Seul compte la recherche du coupable tout simplement.
Il est également amusant de remarquer que c’est la moins bonne des trois CSI qui est la plus diffusée sur TF1, autrement dit les experts Miami avec la moue constipée de Caruso et ses pauses immuables mains sur les hanches, lunettes noires et cheveux dans le vent.
Du coup, on a au moins 66 épisodes par an de CSI toutes séries confondues. De quoi gaver pendant encore de longues années les téléspectateurs qui semblent en redemander encore et encore. A côté de cela de très bonnes séries ne se voient pas donner une seule chance et sont reléguées à des horaires moins exposés. Je pense en ce moment à House sur TF1. Si la série est saluée de toute part par la critique et Hugh Laurie auréolé de nombreux prix, la série se retrouve expédiée à minuit sur la chaîne française. Le côté pourtant mécanique du scénario ne devrait pourtant pas perturber le téléspectateur abreuvé de Coca cola de TF1.
Bilan : Trop d’experts, tue les experts. A petite dose une telle série à parfaitement le droit d’exister et je ne la critique pas en tant que tel. Mais son mode intensif de diffusion par des chaînes dominantes (tant en France qu’en Belgique) rend la série insupportable à la longue. Vous me direz qu’aux USA c’est la même chose. Certes CBS diffuse les trois séries sur la semaine mais un seul épisode de chaque CSI étalé sur trois soirées différentes à des horaires différents avec à côté une concurrence plus accrues qui permet à tout le monde de s’y retrouver.
jeudi 16 novembre 2006
Trop de séries ?
Depuis que les séries ont gagné leurs lettres noblesses en atteignant le prime time en France (ce qui est fait depuis plus de 10 ans en Belgique), on entend souvent dans les conversations réelles ou virtuelles qu’il y a trop de séries à la télévision, qu’il n’y en a plus que pour ce type de programme. Je trouve ce genre de remarque particulièrement idiote, pas parce que je suis moi même fan de série mais parce que dire cela est un non sens. Ce serait comme se plaindre qu’il y a trop de clips sur MTV et MCM ou trop de dessins animés sur une chaîne pour enfants. Le nom le dit bien " série télé ", ce sont des programmes faits pour la télévision donc je trouve bizarre que l’on reproche aux chaînes d’en diffuser. Les fictions qu’elles soient déclinées sous forme de séries, films ou téléfilms sont une partie importante de la grille d’un chaîne, au même titre que les journaux télévisés, les documentaires, magazines de société ou émissions de plateau. Est ce que les gens se plaignent qu’il y a trop de téléfilms ? Pourtant ceux ci sont également omniprésents à la télévision française. Le policier du mardi de tf1, le vendredi polar de France 2, le téléfilm rural du week-end sur France 3 et j’en passe. Là personne n’a rien à redire peut être car ce sont des fictions françaises alors que bien souvent la qualité n’est pas au rendez vous, là où des Desperate housewives, 24 ou Lost brillent par l’intelligence de leur scénario, leur humour ou leur côté particulièrement addictif. Mais avec la mondialisation, le citoyen des pays dit occidentaux vit à peu près de la même façon. Le lyonnais est il si différent du gars d’ Atlanta ? De plus les fictions TV américaine sont souvent très intelligentes et font réfléchir tout en divertissant. Là où les séries télé françaises sont déréalisantes car si on écoute Navarro ou Joséphine ange gardien, en France tout va bien madame la marquise. Le monde est beau et les méchants sont toujours arrêtés à la fin. Là où horreur la fiction US se montre plus complexe. Prison break montre que ce n’est pas forcément le mauvais qui est en prison, pendant que la nouvelle série Brothers and sisters montre des rapports familiaux vrais et authentiques sans pour autant que tout le monde s’embrassent à la fin comme dans l’éternel épilogue de Julie Lescaut où la mère et ses deux filles se câlinent après une dure journée de travail.
Cela fait également de nombreuses années que France 2 et surtout M6 se sont intéressées aux séries pour doper leur grille de soirée et cela ne semblait gêner personne. Forcément depuis TF1 est entrée dans le jeu et là tout est subitement devenu différent. On a l’impression que pour exister un phénomène a avant tout besoin d’être sur TF1 sinon il n’existe pas. Ce n’est pas qu’il y a plus de série aujourd’hui qu’avant, c’est juste que le rythme de diffusion est différent. La diffusion pour le moins étrange de TF1 et ses soirées de 6 épisodes en 24 heures de Grey’s à de quoi gaver c’est plus que certain et je le comprend parfaitement. Mais c’est le procédé de diffusion qu’il faut sanctionner et non les séries en elles mêmes. Car les séries parlent avant tout de nous. Bien plus que les films à grand spectacle comme Bad boys 2 diffusé récemment et les émissions de télé irréalité. Les déboires de Lynette avec ses enfants ont quelque chose de très réels. Tout comme la méfiance de Mulder et Scully a l’égard du gouvernement est semblable au regard du citoyen sur cette administration obscure dont on ne comprend pas tous les rouages. Alors trop de séries non, mais trop de programmes de mauvaise qualité, oui.. Comme par hasard, on remarque aussi que TF1 diffuse surtout dans la franchise CSI (les experts) la version Miami avec David Carusso et si on regarde de plus près on constate que c’est la moins bonne des trois séries de cette franchise policière, cherchez l’erreur. La même chaîne utilisant cette franchise à toutes les sauces comme d’un bouclier face à la concurrence. Il faut également remarquer que ce ne sont pas forcément les meilleures séries us que l’on retrouvent les mieux exposées. Ainsi Point pleasant, Tarzan ou les frères Scott ont trouvé leur place sur tf1 malgré leur niveau zéro pendant que France 2 se refuse à diffuser Everwood et Gilmore girls et revend les droits à des chaînes de la TNT à l’audience confidentielle. Il reste à voir quelle stratégie adoptera la chaîne face à l’excellente série française David Nolande qui insuffle de la nouveauté dans la fiction à la française qui en a grand besoin. Une série qui si on interroge ses interprètes et réalisateurs trouvent leurs origines dans des séries telles que Carnivale et Six feet under, deux séries américaines mais ne font nullement références aux séries made in France.