Critik en séries

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jeudi 17 janvier 2008

Friday night lights : 1.03 Wind sprints

fnl03Le dernier épisode nous avait laissé intelligemment au début du deuxième match des Panthers mais cela était pour mieux y revenir dans celui ci. J’ai d’abord cru que tout l’épisode allait se concentrer sur ce match afin de nous le faire vivre quasiment grandeur nature mais là aussi la série surprend en préférant nous en montrer les conséquences, les conséquences de la défaite. Le premier a en payer le prix est le coach Taylor immédiatement mis sur le grill par les gens importants de la ville. On s’interroge sur sa méthode et les habitants ne se privent pas de déjà parler d’un futur déménagement pour le coach et sa famille. Garrity qui n’a visiblement jamais pu encadrer Taylor, travaille déjà dans son dos afin de recruter un nouveau quaterback histoire de remplacer Saracen qui ne fait pas l’affaire selon lui. Le pire est sans doute la manière dont cela est fait. Dillon fait semblant d’avoir le cœur sur la main en accueillant une famille victime de l’ouragan Katrina mais si Ray Tatoom n’était pas un si bon joueur Garrity et sa ville ne se serait sûrement pas intéressé au sort de cette famille qui a tout perdu. C’est incroyablement hypocrite et cette scène dans la petite chambre de motel mettait vraiment mal à l’aise. Un véritable guet-apens jouant sur la misère humaine et Taylor n’est pas prêt à entrer dans ce jeu là. Il reste fidèle à ses convictions et continue de croire en son équipe qu’il soutient aussi dans la défaite. La fin est à ce sujet extrêmement juste, le coach accueille Voodoo dans son équipe, après tout celui ci n’en peut rien des magouilles de coulisses. Mais Taylor ne semble pas prêt à renoncer à Saracen pour autant, même si ce nouveau venu sonne comme une véritable menace pour l’ensemble des Panthers.

La défaite, elle est aussi dans le cœur des joueurs. Saracen évidemment se remet en question et préfère sauter quelques cours pour avoir le temps de s’entraîner. Le football après tout c’est tout ce qu’il a pour s’échapper du quotidien. Un quotidien où son père est en Irak et pourrait ne jamais revenir et une grand mère dont on imagine qu’elle souffre de la maladie d’Alzheimer. Smash tente lui de redonner confiance en l’équipe en s’imposant comme leader mais Taylor n’est pas prêt à se laisser marcher sur les pieds et il fera clairement comprendre à son équipe qu’il est toujours bien le chef en les rappelant tous, limite en pleine nuit pour une séance d’entraînement improvisée. J’ai trouvé cela un poil exagéré et finalement très américain comme démarche mais ce qu’il faut vraiment en retenir c’est que tous les joueurs sont là, aucun ne manque à l’appel ni ne se rebelle. C’est d’ailleurs quelque chose qui m’a assez surpris depuis le début de la série. A chaque fois qu’un jeune parle à un adulte, on a toujours droit à des " oui, monsieur ", " oui, madame ". Une forme de respect qui me laisse vraiment admiratif. Même ce sauvageon de Tim Riggins y va de ses " oui, madame " quand il croise la mère de Jason Street.

Jason justement. J’ai adoré son intrigue dans cet épisode. En fait, il ne s’agit pas vraiment d’une intrigue mais on suit simplement son quotidien et on est limite dans un documentaire. On touche au plus près de la réalité et je suis très impressionné par cette capacité de la série. Sa dispute avec Lyla est formidable car terriblement réel. Lyla continue de vivre dans un rêve en pensant qu’un jour tout rentrera dans l’ordre et elle avait sans doute besoin d’entendre ce que Jason lui dit. Et il avait sans doute besoin de dire aussi tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Qu’il ne remarchera plus jamais, que le football c’est fini pour lui et que lui et Lyla ne se marieront jamais ensemble. Les parents de Lyla font le même constat et ça n’a rien d’horrible ou d’inhumain. Mais c’est au contraire réaliste. Voir leur fille passer ces journées à l’hôpital avec son petit ami handicapé, ce n’est sans doute pas ce que rêvent les parents pour leur enfant. D’autant plus que le père de Lyla magouille en sous sol pour remplacer Street au sein de l’équipe.

Tim, lui aussi continue de fuir la réalité dans un style qui lui est propre. Il préfère éviter l’hôpital et boire des bières. Là aussi son engueulade avec sa copine Tyra est vraiment très forte. Il n’y a pas de long discours, on ne s’attarde pas avec des gros plans des visages sous fond de chansons larmoyantes pour signifier leur rupture. Au contraire, tout se fait de façon assez brutale et les deux acteurs brillent par leur performance dans cette scène. L’émotion vient d’elle même. Idem pour la scène entre Lyla et Tim, chacun souffre de sa propre façon d’avoir " perdu " Jason. Leur baiser n’a rien de choquant car visiblement le trio était très soudé mais j’aurai préféré que l’on évite, même si au fond ça ne dénote pas dans le contexte de cette séquence. Et visiblement ça ne voulait rien dire. Deux amis se consolant, se laissant aller après des moments difficiles pour tous les deux.

Finalement, on parle beaucoup des adolescents dans cette série mais on n’a pas l’impression d’être dans une série pour ados. Bien du contraire, tout est traité de façon adulte avec beaucoup d’intelligence et de retenue en évitant les clichés. On nous montre avant tout une aventure humaine et comment tout mais alors là tout est lié au football dans cette petite ville du Texas.

Posté par tao of myself à 17:39 - Friday night lights - Permalien [#]